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Une nomination...Une cérémonie...Une rencontre

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Alrost
Capitaine du Protectorat - Archimage
Age du personnage : 636
Race : Hybride
Pouvoirs : Téléportation, télékinésie, feu noir et forme démon
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Mer 22 Nov - 21:42
Quelques mois plus tôt....                                                                  

Alrost était arrivé quelques jours plus tôt. Déjà on lui avait remis officiellement le poste de capitaine du protectorat comme convenu avec la régente. ça n'avait pas traîner. Après tout, elle n'avait pas vraiment de temps à perdre. Tout de même, elle devait avoir grande confiance en cette voyante pour donner un tel poste à un parfait étranger. Notamment en ayant connaissance de ses origines. Quoi qu'il en soit, sa nomination avait été loin de plaire de tout le monde et bien peu de conseiller de la souveraine appuyait sa décision. Néanmoins elle avait eu l'appui de la voyante avant sa disparition ce qui apaisait quelques peu le trouble d'une petite minorité des réfractaires. L'essentiel étant qu'elle avait finit par se faire entendre et c'est pourquoi en ce jour de grâce...blabla...blabla...

"Moi Alrost Erkelion. Je jure solennellement et devant vous de protéger la cité contre les maux qui l'assaillent et ceux qui l’assailliront. Ici et maintenant, je fais le serment qu'au péril de ma vie, je ferait le nécessaire pour garder une cité paisible et sereine."


Alrost n'avait pas vraiment écouté la moitié de tous ces blabla plus ou moins solennels, hautement hypocrites et cie. Seuls Astoria et de rares autres semblait vraiment sincère dans toute cette mascarade. Qu'importe au fond, il n'était pas là pour eux. Mais pour Targatt. Hors de question de voir un des lieux les plus important de son passé tombé en ruine. En soit, nulle ne savait vraiment ce qui se tramait. Mais vu ce que Targatt cachait sous ses sous-terrains, un problème obscur pouvait très bien en être un majeur.

La cérémonie de nomination lui avait semblé durer une éternité. Entre le serment de servir la cité et le pouvoir en place, la remise des clés de la caserne et de quelques haut lieu autorisé à son rang   puis la remise de sa tenue officielle, Al était ravi d'en avoir terminé. Bien sûr, tout expressif qu'il était, on n'en discernait rien. Mais contrairement à d'autre qui aurait alors jouer la comédie en se montrant chaleureux, humble ou rempli d'orgueil, honoré et fier, Al n'était ni hypocrite ni manipulateur. Aussi, tout du long, son expression corporelle avait juste été vide. L'incarnation même d'une flegme sans nom. Ce qui n'avait pas manqué d'accroître la désapprobation de certain. Pourtant, personne n'avait rien à lui reprocher, son dossier d'étudiant à l'académie laissait entendre qu'aussi froid soit-il il semblait plutôt droit comme bonhomme. C'est ainsi qu'il s'apprêta à quitter la cérémonie sans vraiment s'attarder au buffet qui y fut organisé.

Il savait qu'il devait socialiser un minimum, d'autant qu'il devait se faire une idée sur certains membre du conseils et chefs de famille qui supposément comportait quelques ambitieux complotant contre Astoria. Hors, si Al arrivait tout juste en ville, il ressentait en son coeur qu'Astoria était une femme digne de confiance pour régner convenablement et avec justesse.

C'est peu avant qu'il passe les grande de porte de la salle qu'une main le retint. Il s'agissait de la capitaine de la garde royale s'il ne faisait pas d'erreur. De toute évidence une brillante jeune vu son âge. Et une superbe femme qui plus est. Mais si Al voyait ce genre de chose, comme le reste, il n'y prêtait pas plus attention que ça. Il avait passé l'âge de flirter à tout bout de champ ou même de perdre son temps sur des courbes généreuses. Oh il ne refusait pas non plus une partie de jambe en l'air qui se présentait - quoique ça lui ait déjà arrivé - c'est juste qu'il n'en était pas à la recherche et que par conséquent, on ne peut pas dire que l'activité était régulière.

Quoi qu'il en soit, la demoiselle l'invita à boire un verre à la taverne. Si Al avait su s'habituer aux mondanités, il n'y avait jamais pris plaisir et au grand jamais il ne s'en ferait une obligation. L'invitation à faire connaissance avec une collègue aussi proche de la régente de par son poste serait une bonne choses pour plein de raisons qu'il ne vaut pas la  peine de cité ici.

Fixant la jeunette droit dans les yeux, il lui répondu de sa flegme naturelle.
"Allons boire ce verre mademoiselle. Je serais ravi de faire plus ample connaissance avec une collègue" avait -il lâché.

C'est ainsi que nos deux compères entrèrent à la déroute du rhum .
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Wilhelmine Schlacht
Capitaine de la Garde Royale
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Jeu 23 Nov - 14:08
Diable que le temps pouvait être long quand on s’ennuyait. Alors que j’étais dans mon bureau sur les coups de 7h00 du matin, je me rendais déjà compte que ma journée, qui devait être bercée par toute la paperasse et les rondes associées à mon titre de capitaine de la garde royale, allait être longue et ennuyeuse. Non pas que mon poste de capitaine de la garde, celui-là même que je souhaitais depuis des années ne me convienne plus, mais plutôt qu’il était parfois un peu trop répétitif pour ce qu’il était. Heureusement, j’avais presque envie de dire, qu’il y avait ces disparitions pour me tirer de ma monotonie et que désormais, il y avait aussi le capitaine du Protectorat. Ah, ce bon Alrost. Un sacré personnage tout de même. Depuis sa nomination nous ne nous sommes pas beaucoup vu. Du moins, en dehors de se croiser dans les couloirs du palais de la Régente ou bien à la caserne, se voir était assez rare.

Je ne pus m’empêcher de repenser au jour où je l’ai rencontré, au jour où il devint un frère d’armes sortit de nulle part. Tout en m’enfonçant dans mon fauteuil après m’être servi un verre de vin, je me remémorais cette longue cérémonie qui s’était tenue il y a quelques mois maintenant...


La cérémonie de nomination du nouveau capitaine du Protectorat, c’était la première à laquelle je participais et par la barbe de Merlin, c’était long. Certes, je comprenais que ce soit un moment important dans la vie politique de la société, le tumulte au sein du conseil de la Régente le démontrait. Mais y consacrer autant de temps ? Ne devait-il pas travailler ? La situation intérieure de Targatt devrait plutôt être le centre des préoccupations des sphères dirigeantes plutôt que perdre du temps à donner ses pouvoirs à un officier.

Pourtant, je n’allais pas chercher à montrer mon impatience. Cette cérémonie était aussi un moyen de faire se rencontrer les personnes les plus importantes de Targatt et le nouveau capitaine du Protectorat. Je restais donc à l’écart, légèrement en hauteur pour garder un œil sur l’assemblée, une main sur chaque épée et alerte au cas où. Si j’avais été convié, c’était surtout pour assurer la sécurité de la Régente et vérifier que le dispositif de sécurité que j’avais mis en place était au point. Naturellement, ne connaissant que très peu le nouveau capitaine du Protectorat, j’étais particulièrement attentive à ses mouvements, ses expressions, ses faits et gestes pendant la cérémonie. Lors de sa première rencontre avec la Régente, j’étais en retrait, simplement pour assurer la sécurité du monarque. Toutefois, j’étais restée en dehors des débats et par respect envers celle que je protégeais, je n’avais pas cherché à écouter aux portes.

Je ne connaissais donc rien de cet homme et encore moins les raisons ayant poussé la Régente à faire appel à lui en particulier pour le commandement du Protectorat. De fait, alors que je le surveillais du coin de l’œil et le vit manifestement quitter la cérémonie qui se tenait en son honneur, je pris l’initiative de quitter mon nid d’aigle. Puisqu’il quittait la masse noble et que nous allions devoir travailler ensemble, autant en profiter pour faire en sorte d’éclairer les zones d’ombres inondant le nouveau capitaine du Protectorat.

Saluant et m’excusant en prenant aussitôt congé des membres du conseil souhaitant me parler, je traversais la grande salle le plus vite possible pour attraper le capitaine du Protectorat avant qu’il ne passe la grande porte. D’une main ferme, je lui posais une main sur l’épaule et l’interpellais en forçant outre mesure sur ma voix pour effacer ce maudit accent germanique.

« Commandant Alrost ! Vous nous quittez déjà ? Enfin, je ne vous en veux pas, le grand monde peut parfois ne pas être une tasse de thé. »

Je lâchais le capitaine du Protectorat pour me placer devant lui, croisant les bras et le regardant dans les yeux. Son regard était insistant, mais froid. Aucune émotion n’émanait de cet homme ce qui était assez différent de moi qui déjà avais un léger sourire affiché sur mon visage. Bien que je ne faisais pas entièrement confiance à cet inconnu venu de nulle part et que je faisais ça surtout pour le cerner un peu plus plutôt que pour la simple envie de m’en faire un camarade.

« Puisque vous quitter le grand monde, que diriez-vous d’aller dans le petit, autour d’un bon verre dans un milieu un peu moins guidé ? Ce serait l’occasion d’échanger entre officiers, de faire connaissance. »

Il y eut un court silence avant que le capitaine du Protectorat ne finisse par donner suite à mon invitation. Avec un tel flegme, une réponse positive n’était pas forcément la réponse la plus évidente. Toutefois, elle le fut. Ce qui me réjouit et sans attendre, ni même remercier le commandant du Protectorat, je le traînais jusqu’à la Déroute du Rhum. Cette bonne vielle taverne qui, au grand damne peut-être de certains membres du Conseil, m’accueillait assez souvent avec les anciens membres de mon escouade dans la garde royale. A peine rentrée que je demandais à une serveuse de nous apporter deux pintes de bière. Peu importait si cela n’était pas au goût d’Alrost. Je ne l’avais pas amené ici simplement pour parler chiffons mais pour éclairer certains points. Toutefois, si j’y allais en brute de décoffrage, je pouvais être certaine qu’il allait se braquer de fait, il allait d’abord falloir s’ouvrir un peu pour mieux répondre à mes interrogations. Dès lors, à peine assise à une table et en attendant les deux pintes, je me permettais de mettre les choses au clair.

« Bon Alrost, mettons les choses au clair. A partir du moment où nous sommes en dehors du Palais, appelez-moi Wilhelmine et même si je suis honorée par le mademoiselle, à 30 ans je crains que ce soit de moins en moins à propos. Toutefois, dans le Palais, devant vos hommes ou les miens, si cela ne vous gêne pas, je vous demanderai de vous contenter de mon rang et de mon nom. Même si j’apprécie l’attention, ce n’est pas le lieu pour. Vous êtes maintenant un homme important dans cette cité alors pour éviter que certain ne l’oublie, mettez en avant votre rang. C’est un conseil après vous en faites ce que vous voulez.

A ce moment-là les deux pintes arrivèrent et après avoir trinqué au nouveau poste d’Alrost, je ne bus pas moins de la moitié de la chope. Une bonne bière bien fraîche et après une bonne journée de travail, cela faisait toujours du bien. Et surtout, cela permettait d’ouvrir le bal.

« Sinon Alrost, pas trop d’a priori sur votre fonction quand on n’est pas de Targatt ? »

Je supposais qu’il ne l’était pas. Mais cette façon permettait d’ouvrir la conversation.
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Alrost
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Lun 27 Nov - 3:59
A ses premières paroles, le nouveau capitaine nota un petit quelques choses dans la voix, comme les vestige d'un accent disparu des cordes de sa porteuses. L'hybride ne saurait être certain des origines de celle ci tant l'accent se voulait discret. Que soit par la force du temps ou par une volonté propre était une autre à face qui n'avait ici pas d'importance quelconque. Néanmoins, Al nota que sa collègue n'était initialement pas du coin et ça, c'est une information importante  pour apprendre à comprendre un individu. Quant aux détails, ils viendraient se tisser au fil du temps; à l'inverse des caractéristiques majeure qui servait de base pour tisser une toile connectant chaque façade, chaque aspect les uns entre les autres.

Durant le trajet, les mots n'avait pas vraiment fusé. En même temps, il ne fallait pas longtemps pour s'y rendre. A peine arrivé, elle se mit dans la tête de mettre d'entrée de jeu quelques points sur des "i". Bon, ce n'était pas une mauvaise chose en soit. Si Alrost connaissait ses règles de bienséance avec les rôles , la hiérarchie et tout ce qui va avec, Al n'était pas de ceux qui accordait vraiment de l'attention à ces règles terrestres pour les lesquelles les humains excellaient tout particulièrement. Ce qui, aux yeux de l'hybride, n'était pas tellement un aspect positif. Du moins pas au point de s’enorgueillir comme ils le font trop souvent.  Malgré tout, Wihelmine n'avait pas tord pour autant. Après tout, ces règles de société sont ce qu'elles sont et s'il est bon que certains s'évertue  à faire bouger les choses, il est aussi bénéfique et important que d'autre s'acharne - quelques soient leurs raisons, à respecter ces codes. Faute de quoi les changements se ferait plus vite que nécessaire pour s'installer sur le long terme.

Quoi qu'il en soit, Al laissa se dessiner un léger sourire sur les lèvres suite au conseil de la demoiselle. Il n'y avait rien de méchant à cela mais il ne pouvait - et ne faisait en fait rien pour - empêcher ce geste facial quand des gamins lui donnait des conseils. Pourtant, ce n'était pas par condescendance, mais plutôt par "ironie". C'est un peu comme si un enfant  voulait apprendre son grand père ce qu'il  sait déjà. Soit, la camarade ici présente ignore son âge comme son expérience passé et son conseil aurait sans doute servi quelqu'un de moins observateur ou n'ayant pas suffisamment côtoyé les sphères de la noblesses et toutes ces autres pointures qui dirigeaient la plèbe par bien des manières. Pour sa part, l'orgueil était absent ici. Seulement l'expérience lui avait apprit qu'à son âge, il n'entend que rarement des conseils qu'ils connait déjà bien. Du moins quand ceux ci ont trait à des expériences auxquelles lui même a été confrontés.

Aussi lui répondit-il sans détour, ni condescendance.
"Ne t'en fait pas. Je connais bien ces règles de bienséance hiérarchique même si je n'y prête qu'une maigre importance, j'en respecte l'usage pour ceux que ça importe."

Un peu plus tôt, lorsque que sa collègue avait prit la commande, Al avait levé un sourcils. Deux pintes de bières...Il n'vais jamais été très porté l'alcool, encore moins sur la bière. Mais soit. Il s'en abreuverait pour cette fois ci. Mais pas plus d'une. Il n'était pas question de sensibilité à ces boissons alcoolisé plus surtout une question de goût. Il n'avait plaisir à avoir ces liquides passé sur ses papilles gustatives, pas plus inhibition qui suivait une surconsommation. Il ne laisserait donc pas choisir sa prochaine commande.

Quant à elle et à la descente qu'elle avait visiblement, sa pinte ne ferait pas long feu. Lui n'en but pas le quart quand il le porta à ses lèvres la première fois. Une bonne vivante s'il en est. Finalement elle lui demande s'il avait des "à priori" dans sa situation.
Le seul qu'il avait vraiment concernait la réaction des gens face à ses origines. Il voulait éviter tout conflit inutiles mais parfois ce sont les conflits qui te cherchent avec des origines pareilles. Aussi ne lui communiquerait-il rien de ce genre.

"Pas vraiment." lâcha t-il finalement
"Le devrait-je" ajouta -il sans plus de considération après un court instant.
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Wilhelmine Schlacht
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Mar 28 Nov - 12:39
Cet homme était outrancièrement froid. Trop froid. Le moindre de mes propos semblaient être accueillit soit avec condescendance, soit simplement passer au-dessus de la tête d’Alrost. Sa réponse froide quant à mon souhait ne faisait que le confirmer.

Les choses n’allaient pas bien commencer entre lui et moi s’il comptait vraiment persévérer dans cette posture. Officiellement, nous étions presque au même niveau hiérarchique. Officieusement, s’il avait été trouvé et appelé du jour au lendemain, c’est certainement parce qu’il avait quelque chose en plus : la puissance magique ? Je n’avais presqu’aucun doute là-dessus ; le sang ? Le froid et le comportement semblaient aller en ce sens, mais il serait resté avec ceux de son monde sans rechigner ; l’expérience ? Physiquement il ne devait pas être beaucoup plus vieux que moi. Mais dans notre cité, et au vu de ce sourire typique des plus anciens, il devait être bien plus vieux. Nous n’étions pas des égaux et je ne savais donc pas vraiment comment prendre son comportement : de la provocation ? du mépris ? Ou bien je ne faisais que me monter la tête face à quelqu’un que je ne connaissais pas et qui pouvait simplement être froid sans pour autant être habité d’arrière-pensée.

« Une maigre importance… »

C’était une véritable provocation. J’avais cru qu’il pouvait simplement être comme cela, que c’était naturel. Mais là, en insistant en plus sur le fait qu’il le faisait pour ceux à qui ça importait, il m’offensait directement. Ou peut-être il disait ça de façon crédule ? Il ne savait rien de moi. Il ne connaissait ni mes origines ethniques, ni mes origines sociales. Il n’était pas au courant de la façon dont j’avais bataillé pour être là où j’étais et à moins d’avoir de bonnes connaissances à Targatt, il n’était même pas au courant de mon existence. Mais c’était tout bonnement impossible ! Ce regard, cette posture, et ce fichu sourire, tous étaient un faisceau d’indices provoquants me forçant à accepter l’évidence : il me prenait de haut. Diable je n’allais pas pouvoir supporter ça très longtemps même si j’en avais l’habitude avec les membres les plus arrogants des hautes sphères de Targatt.

Malgré cette habitude, je me trouvais déjà irritée par l’attitude d’Alrost et sa réponse ridiculement petite à mon « inquiétude » me fit serrer fermement l’anse pour cacher une montée du mon courroux et garder mon visage calme et toujours légèrement souriant. Même s’il pouvait être désagréable, je n’avais pas l’intention de lâcher le morceau : je voulais le cerner et j’allais le faire vaille que vaille. Le problème était qu’avec un tel individu en face, je risquais surtout de me faire cerner avant.

« Répondre à une question par une question. Vous n’auriez tout de même pas peur de tout ce beau monde ? Vous qui semblez en saisir les codes au point de les reproduire avec votre camarade d’arme ? »

Je finis d’une traite ma pinte avant d’en demander une autre à la serveuse et revenir planter mon regard dans celui d’Alrost. Un regard sérieux un instant avant de redevenir simple.

« Enfin, je veux bien croire qu’un grand gaillard comme vous puisse ne pas être à l’aise à Targatt. Une ville où les tensions entre races augmentent, où la grande expérience peut être un avantage comme un défaut. Enfin, vous vous en rendrez compte vous-même quand vous débuterez vos fonctions. Sinon, vous venez de Targatt ? Parce que pour aller chercher un bonhomme au milieu de nulle part et lui donner un poste aussi important que la tête du Protectorat, vous devez au moins avoir été à l’Académie et au plus avoir quelque chose de spécial. »

Il allait finir par répondre non ? Je n’allais pas non plus lui demander une troisième fois d’ouvrir son sac. Et puis, en dépit de son mépris omniprésent, il devait être suffisamment intelligent pour se douter que c’était donnant donnant : il donnait une information sur lui, je répondais à une de ses questions.
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Alrost
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Mer 13 Déc - 14:19
Tout observateur qu'il était, notre hybride ne manqua pas de remarquer malgré sa façade que Wilhelmine était irrité par ses réponses. Il faut dire qu'elle n'était pas la première à être dérangée par ses propos ou par son attitude souvent pris pour de la condescendance. Mais ce n'était pas le cas. Al considérait généralement les êtres égaux. Du moins pour ce qui en est de la valeur. Mais l'égalité, tout comme le bien et le mal, est toute aussi relative. Le monde n'est pas binaire et les gens se croyant en tout point supérieur se trompent bellement. On ne peut être supérieur en tout point à un autre. Et si Al est effectivement supérieur à beaucoup de par son expérience six fois centenaire, il ne considère pas que sa vie vaut plus que celle du mendiant du coin.
La valeur de la vie donc...Oui. Pour lui, quelque soit les forces, les faiblesses, la race, le pouvoir, la vie des gens ont la même valeur. Il va de soit que les émotions posent une priorité naturelle ici ou là mais ce ne sont que des valeurs éphémères, des préférences qui ne sont basés sur aucuns critères rationnels.
Oui Alrost se sait supérieur à Wihelmine de par sa longévité mais celle ci le surpassait sans doute sur certains aspect. Le savoir-vivre par exemple...Enfin tout ça pour dire que s'il avait parut condescendant, c'était surtout dû à son manque d'expression, sa flegme naturelle qu'à une quelconque surestime de lui-même.

Bon...Elle finirait sans doute par s'y faire...ou pas.  Encore une fois, cela l'iportat peu dans le fond. Néanmoins il devait faire des efforts sur le plan humain s'il voulait jauger justement quelles personnalités autour d'Astoria pouvait être une menace pour la régente.

Wilhelmine ne tarda pas à reprendre la parole. S'il avait peur de beau monde? Non, vraiment pas. Et ce non pas par prétention, mais parce qu'il avait appris qu'avoir peur avant l'heure était dénué de productivité.
"Prendre conscience du danger dormant, se préparer, si l'attention passe à l'action: détruire!" était la clé d'une bonne défense qui bien maîtrisé relayait la peur à une simple présence caché dans un recoin de l'esprit. La peur est la pire des émotions à nourrir. Surtout...Surtout, ne la nourrissez jamais! Prendre conscience de sa présence puis ciao! Basta!  Elle est un signe, une alerte au danger. Mais si vous la nourrissez elle fera de vous ses pantins. Soit paralysé soit en fuite, vous deviendrez le jouet de vos bourreau.

Un rictus ressemblant vaguement à un sourire germa sur ses lèvres fines une petite fraction de seconde.
"Il n'y a pas grand chose qui m'effraie Wilhelmine. Et ces gens n'en font certainement partie." répondit-il en apaisant le ton de sa voix. Son visage avait lui garder la même froideur aussitôt le rictus évaporé.

Pour le commentaire suivant, il n'était pas sûr de saisir ce qu'elle attendait de lui. Il ne souhaitait vraiment pas s'attarder sur un débat maintenant. Ça n'avait jamais été son truc. Al était d'avantage un observateur à l'écoute qu'un communicant. Triste sort de savoir qu'on communique même dans le silence et l'inexpression. Finalement elle posa une question sur laquelle il pourrait s'appuyer pour éviter toute réaction à cette première partie. Question facile qui plus est. S'il venait de Targatt? S'il avait été à l'académie? Le tout accompagné des motivations de sa question. Bien. Il était normal qu'elle se pose ses questions. Elle n'était pas la seule à se les poser. Parfait! Avec un peu de chance, elle communiquerait l'information autour. ça lui éviterait d'avoir à trop y répondre directement.

Reprenant une gorgée de sa pinte, la réduisant de moitié, ses yeux s'éclairèrent un instant. S'efforçant de reproduire le ton adouci adopter plus tôt. Il répondit finalement.
"Je ne suis pas originaire d'Hésandre mais de Safel. Un petit village des contrées nordiques. Mais j'ai longtemps vécu à Targatt alors qu'autour de l'académie ne s'étendait qu'un petit village"

Préférant taire de plus amples détails sur les raisons qui avaient amenées Astoria à le contacter, il décida de s'arrêter là pour ce qui était de cette question.

"J'espère que tu pardonneras cette maigre réponse mais comprends bien qu'avec les rumeurs de complots envers la régente, je ne puisse pleinement faire confiance à qui que ce soit alors que j'arrive tout juste en ville. "
Reprit-il l'air d'abord mystérieux puis légèrement sympathisant.

Sympathisant? Oui enfin... la froideur ne le quittait jamais vraiment. Aussi ce coté sympathisant fut à peine perceptible visuellement. On le retrouvait plutôt dans l’intonation de sa voix. A force d'être...aussi peu expressif, il parvenait à donner de bonnes nuances d’intonation sans pour autant que le faciès  ne s'exprime clairement comme c'est généralement le cas pour tout un chacun.

Prendre le parti de lui dire ouvertement qu'il n'était prêt à lui faire confiance avait plusieurs atouts. D'abord, il permettait normalement d'apaiser l'opinion de son interlocutrice à son encontre. Après tout, un individu n'ayant pas confiance en son entourage professionnel peut facilement décider de poser une distance de cette manière, aussi maladroit que cela puisse sembler. De plus, paradoxalement, cela posait un rapport de confiance. Il est bien rare de communiquer qu'on a pas confiance quand c'est le ca. Dans le sens inverse c'est une autre histoire. Enfin...Vu le poste de Wilhelmine, il y avait peu de chance qu'elle soit une traîtresse, mais parce qu'elle a ce poste, il est primordial de s'assurer qu'elle n'en soit pas une avant de révéler d'autre choses. Bien que fondamentalement, il n'avait pas encore grand chose de crucial à communiquer.
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Wilhelmine Schlacht
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Jeu 21 Déc - 23:33

Ce qui semblait être une évidence devenait de plus en plus une réalité. Il me méprisait et en plus de ça s’amusait à choisir le teneur de ses réponses. Aucune sincérité dans celles-ci. Juste une addition de propos flou qui permettait seulement de donner un peu de contenance au vide. Je ne pouvais déjà plus le supporter. C’était officiel, je ne pouvais pas le supporter. Je posais certes des questions pour savoir qui il était, mais pas des questions politiques, religieuse ou je ne sais quoi d’autres. Ces dernières questions, je pourrais comprendre qu’on soit réticent à absolument vouloir les éviter. Toutefois des questions aussi banales que les miennes, c’était de la pure provocation cumulée à un proto défis qui n’allait pas me plaire du tout.

Dire que j’allais devoir travailler avec cet individu, cet Alrost. Il valait mieux qu’il n’ait pas besoin de moi. De toutes les façons, nous avions des compétences très clairement définies. Il n’avait donc aucune raison de venir mettre un pied dans le Palais, hormis pour voir la Régente et moi de traîner dans les quartiers du Protectorat. Cela m’éviterait de le voir davantage. Mais pour l’heure, puisque j’avais fait l’effort de l’inviter à parler autours d’un verre, j’allais devoir faire la conversation et ce même si j’en avais perdu l’envie.

Mon regard simple devint de plus en plus sérieux. Mon sourire à mesure qu’Alrost parlait s’effaça. Bien qu’il ne veuille pas parler librement, il laissait passer assez d’informations : il était très âgé. Extrêmement âgé. Il devait donc avoir une nature qui le permettait et s’il n’avait pas expliqué cette nature c’est qu’elle pouvait ne pas être avantageuse. Par contre, s’il voulait à ce point la cacher, il n’aurait pas du donner son lieu de naissance. En dépit du fait qu’il n’y soit plus allé depuis des siècles, les archives restes les archives. Une bonne recherche pouvait suffire à collecter assez d’indice pour déterminer la race du bougre. Et je n’allais pas manquer une seule occasion de récolter ces indices. Par une seule il pouvait s’en douter.

Je ne pus malheureusement pas profiter de la satisfaction d’enfin pouvoir avoir des réponses par moi-même. Car après cette livraison d’information, Alrost asséna le coup de grâce. Celui qui allait définir à partir de maintenant nos relations et je n’avais pas la moindre envie, contre attente, d’aller à l’encontre de cet individu. Toutefois, ceci était une véritable attaque à l’encontre de ma personne ! Il osait, à moi, la capitaine de la Garde Royale, la défense la plus rapprochée de la Régente, se garder du minimum de confiance que l’on doit à un frère d’arme ? Son grand âge ne lui permettait pas un tel comportement. A mois qu’il soit sénile ! Comble de tout ça, il avait un léger sourire. Ce genre de sourire à peine perceptible qui veut tout dire!

Je frappais de la paume de la main la table en lui jeta un regard noir.

« Alors je pense que je vais remettre les choses au claire le vieillard. Je suis capitaine de la Garde Royale de Targatt. Je vous serai gré de vous adresser à moi, même en votre qualité de capitaine du Protectorat, avec la même diligence que moi envers vous. Autrement dit c’est la dernière fois que vous me tutoyez. Et puisque vous avez l’indécence de ne pas m’accorder le soupçon de confiance que l’on se doit entre officiers, j’aurai celle de ne pas vus gratifier de la mienne ! »

Je le regardais l’air noir avant de me laisser tomber sur le dossier de ma chaise et finir ma deuxième pinte.

« On m’a insultée plus d’une fois dans ma vie. Mais c’était toujours par des gens qui m’était supérieur. Alors je n’accepterai jamais qu’un parvenu sorti de nul par se permette de le faire ! A moins que vous vouliez confirmer que vous êtes vraiment supérieur à moi? Ca ne serait en rien étonnant. »

Il fallait maintenant être vraiment fou pour ne pas voir que je n’aimais pas Alrost et qu’il faudrait bien plus qu’une succession de belles paroles pour me faire changer d’avis sur cette antiquité. Même si mon regard redevenait sérieux, mon irritation était vraiment palpable.
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Alrost
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Mar 26 Déc - 0:58
Alrost avait répondu à la demoiselle, capitaine de la garde royale, avec un ton adoucie par rapport à sa froideur naturelle. Il ne l'aurait pas fait en temps normal. L'importance de tisser un minimum de lien pour jauger de la loyauté l'avait amené à faire cet effort. Mais finalement, il sembla vain. Al n'avait strictement rien contre elle, il s'était constaté d'exprimer deux états de fait et la réaction - à ses yeux - naturelles qu'il adoptait face à celles ci. A savoir : Alrost ne connait strictement personne au sein de cette cité et des rumeurs circulent au sujet de complot contre la régente. En tant que nouvel arrivant, il lui semblait logique de ne céder sa confiance à nulle autre que celle qui l'avait fait venir. Il ne voyait aucune raison malhonnête pour laquelle il aurait pu être appelés, d'autant plus qu'Astoria n'émettait strictement aucune énergie négative à priori. Une vrai paladine. S'il était sans doute maladroit de sa part d'avoir exprimé ce manque de confiance aussi ouvertement, il trouvait peut être un peu exagéré la réaction de son interlocutrice. La spontanéité de celle ci invitait effectivement à lui faire confiance. A moins d'être un excellent manipulateur, il aurait été difficile de réagir à ce point au quart de tour. Enfin...Il avait tellement vu de coup d'état montés par des proches que le tout juste nommé capitaine ne s'étonnait plus de rien sur ce point.

Sa seule réaction face à celle de la capitaine lorsqu'elle se leva en montant le ton et en l'insultant au passage de vieillard, fut de lever un sourcil concerné, accompagné d'un léger mouvement de recul des épaules. L'insulte ne lui importait pas. Cela lui appartenait à elle. Comme chacune des opinions appartiennent d'ailleurs à ceux qui les portent.
Cela dit, depuis le début de cet entretien, il fallait avouer que de nombreuses choses les différenciaient l'un de l'autre et ne semblait pas être fait pour leur bonne entente. Par exemple, il la tutoyait depuis le départ comme il le faisait avec tout le monde alors qu'elle, non; et si elle n'avait rien dit jusqu'à maintenant, les divergences d'esprits donnèrent comme qui dirait un feu vert à la capitaine pour placer cette requête avec le reste.

Bien...il ne s'y était vraiment pas bien pris avec elle. Allons bon... Ce n'est pas comme s'il était doué en communication malgré son talent d'observateur. Elle voulait donc qu'ils se vouvoient dès à présent? Qu'il en soit ainsi. Ce n'est pas pour la différence que ça lui faisait que ça gênait. Il ne promettait pas d'y parvenir à chaque fois tant le tutoiement était ancré chez lui. De nombreux monarque avait même du prendre le pas avec lui. En même temps, il était toujours un peu le cas à part chez ces gens. Le démystificateur, le sage qui éradiquait les menaces mystiques de ces gens qui refusaient de croire en la magie mais qui n'avait d'autre que d'appeler des pratiquants pour mettre fins à leurs malheur. De grands froussard humains comme le monde en comportaient tant. Et en tant qu'excentrique combattant de l'occulte pour des nobles désespérés, le tutoiement étaient un outrage qu'ils acceptaient parfois de bonnes grâce.

Mais ici à Targatt, il n'était pas l'excentrique qu'on appelle en cas désespéré. Du moins n'était-il pas le dernier recours, le dernier espoir de la cité. De puissants mage parcouraient cette cité et s'évertuaient à trouver la source du problème. Par conséquent, ses tutoiements ne seraient pas aussi facilement accepté. Libre à chacun de lui exprimer leur souhait sur ce point. Par respect, il exaucerait s'exprimer aux gens selon leur convenance. Enfin...dans une certaine mesure.

Ne quittant pas le regard de sa collègue encore sous le joug de la colère. Il s'apprêta à répondre quand elle reprit. Elle disait se sentir insulté. Voilà qui était triste et bien mal venue puisque ce n'était nullement l'intention du capitaine. Pourtant, Al concevait la raison de ce sentiment. Encore une fois, ce n'était pas la première fois que quelqu'un interprétait de travers son attitude. Il avait plusieurs options pour tenter de la calmer et d'améliorer sensiblement cette première conversation qui donnerait le ton de leur relation future. Mais en toute honnêteté, il ne savait pas vraiment comment y répondre. Jusqu'à présent, tout n'avait que la monté en rogne contre lui. Autant dire l'emportement de Wihelmine lui prenait la tête et qu'une des premières idées qui lui vinrent fut de payer les boissons et de s'en aller.

Pourtant, il n'en fit rien. Il ne paraissait pas intelligent de laisser leur relation avoir un départ aussi désastreux. Il prit donc un autre parti. Il fallait tenter, au moins un peu, de lui faire comprendre que le manque de confiance qu'il portait était purement réaliste. Que son attitude personnelle n'avait rien de condescendant et qu'elle n'avait certainement pas prouver à sa valeur.

Aussi prit-il la parole dans cet esprit. Il avait failli employé le ton employé jadis avec ses élèves à l'académie mais s'en retint jugeant que la nature fière de son interlocutrice aurait sans doute du mal à l'accepter. Le ton habituel? Elle ne l'appréciait guère plus mais avait semblé s'effaroucher encore plus quand il "apaisait" son intonation naturelle. Rrhhhaaa....Que la communication était compliquée...Trop de paramètres. Finalement, il abandonna l'idée de s'adapter et parla comme au début de leur conversation : Avec sa flegme naturelle.

"Allons...Ne vous emportez pas de la sorte. Il est regrettable que vous vous soyez senti insultez..." Il aurait pu dire qu'il était désolé mais ça n'aurait pas été sincère. D'après lui, les gens étaient responsables de leurs interprétations, bien sûr c'était discutable mais restait néanmoins sa vérité.
"Le mendiant en face de la taverne est mon égal au même titre que vous l'êtes. ça ne vous empêche pas de m'être supérieur en savoir vivre et sans aucun doute nombre d'autres matières. Ne vous méprenez pas sur mon attitude. Je ne suis ni loquace ni connu pour mes qualités de communication."

Laissant un court instant de répit pour elle et pour lui même afin de choisir ses mots au plus juste, il lança un sort d'isolement sonore autour de leur table avant d'ajouter :
"Vous l'avez dit. Je suis un vieillard de quelques six cent ans. L'âge invite à se détacher des choses et des gens..."
Bien que lui même n'avait jamais été des plus expressif, attaché ou même loquace, cette vérité pouvait être observé chez la plupart des individus immortel ou à la longévité multicentenaire.
"Du reste, ne prenez pas personnellement ce manque de confiance. Je ne connais personne dans cette cité. Avec les rumeurs qui courent, vous pourriez être sa sœur ou son fils que je ne vous accorderait pas plus de confiance un premier jour d'arrivée. J'ai simplement voulu être honnête. Sans doute ai-je été maladroit de vous l'exprimer de la sorte. Mais si vous auriez vu un monarque égorger par son frère ou autres proches quelconques pour prendre son trône autant de fois que je l'ai vu, je suis certain que vous n'auriez pas sautez de vos gonds aussi promptement."

Le sort d'isolement était quelque peu atypique. En effet, il ne s'agissait pas là d'une barrière sonore mais d'un sort inhibant les ondes sonore de son lanceur pour les transporter uniquement aux oreilles de leur destinataire. Bien sur cette technique n'était pas optimum mais suffisait amplement à la situation présente. Al ne souhaitait aucunement nourrir de telles rumeurs, encore moins dans un lieu comme celui ci. Aussi avisa t-il d'une barrière sonore suffisamment restreinte pour qu'un étranger passant trop près de la table ne puisse capter le son de leur conversation. Ainsi, Wihelmine n'aurait pas à se préoccuper cet aspect si elle souhaitait aller plus en avant sur ce sujet. De son coté, Al ne le souhaitait pas vraiment mais avait jugé que c'était la dernière carte à jouer pour ne pas que cette première rencontre soit officiellement un véritable fiasco. Il espérait ainsi qu'elle aurait meilleure compréhension de la position d'Alrost sur cette fâcheuse histoire de confiance
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Wilhelmine Schlacht
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Ven 19 Jan - 3:59
Je ne regardais pas ce malotru. Je m’en défendais. Je n’en avais ni l’envie ni le besoin. Puisqu’il tenait à ce point à être désagréable et à me manquer de respect, je n’avais pas l’intention de dire quoi que ce soit. Non, je n’allais pas le gratifier de ce semblant de civilité qu’une jeune femme devrait envers un homme, et encore moins une jeune femme de mon « rang ». Rang que je n’avais pas l’intention de laisser être insulter par cet homme, si tant est qu’il le soit. Toutefois, alors que je ruminais mon énervement, je fis une constatation assez évidente : il était toujours là. La plupart des hommes ayant une fierté assez importante ou ayant tendance à se croire plus importants que leur interlocuteur n’aurait pas pris le temps de rester plus longtemps. Cette majorité aurait quitté les lieux après s’être acquittée de sa dette auprès de l’établissement. Mais cet Alrost lui n’avait pas bougé.

Il restait à notre table et semblait plutôt touché par ma réaction. Comme s’il ne la comprenait pas et qu’il essayait de trouver une réponse dans le temps qu’il lui fallut pour l’envisager. Ce temps, je n’allais certainement pas l’allouer à l’activité inutile de livrer un regard à l’homme se trouvant de l’autre côté de la table. Non, je préférais rester dans mes pensées, mes réflexions, jouant d’une main avec mon verre vide. S’il n’avait pas quitté la taverne, c’est qu’il avait soit l’intention de me remettre à ma place et là, ça risquait de dégénérer, soit il avait l’intention de faire évoluer cette conversation de telle sorte à ce qu’elle ne se finisse pas dans un échec absolu. Pour ma part, quels que puissent être ses propos, l’affaire était classée : cet homme devrait faire plus qu’une simple pirouette pour obtenir ma confiance ou ne serait-ce qu’un minimum de ma part. Il était hors de question que je doive subir une épreuve dont mon caractère primaire le dispenserait. Toutefois, s’il cherchait vraiment à éviter le Ragnarok entre nous deux, il pourrait se justifier en parlant plus de lui, de sa vie, de ce qu’il est. Ce faisant, malgré les mauvaises relations que cette première discussions avait instauré, je sortirai de cette taverne avec ce pourquoi je l’y avais amené.

Quand il reprit la parole, ce fut à mon tour de lever un sourcil en lui accordant enfin un regard toujours aussi noir que les précédents. Il n’était toujours pas envisageable que je puisse lui en accorder un autre. Ses propos ne venaient que le confirmer. A première vue, ils prenaient la forme d’une excuse très mal formulée avant d’être une sorte de parade vantant mes soi-disant qualités en société avant de clamer la raison de sa froideur et de son inexpressivité. Je comprenais qu’il ne s’agissait pas d’excuses, mais d’une justification révélant le peu d’attrait pour le Capitaine du Protectorat envers la rhétorique et les relations humaines. Voilà qui pouvait être utile en cas de vrais désaccords entre nous. Mais cette nouvelle entrée en matière ne me laissait pas prévoir que j’avais vu juste. Non. Nullement intéressée par davantage de justifications, je préférais revenir à mon verre avant, sentant comme un isolement se faire autours de nous, d’arrêter. Je tournais la tête, regardant derrière moi pour bien comprendre ce qu’il se passait. Cependant, en entendant la suite de son propos, un léger sourire vint se dessiner avec la partie de mes lèvres dérobées au regard d’Alrost.

Voilà donc ce qui expliquait cette attitude et bien plus de choses. Il n’était pas un complet inconnu et la Régente n’avait certainement pas fait appel à lui sans savoir qui il était. Il devait avoir un lien aussi infime ou ancien soit-il avec Targatt. Toutefois, il me livrait sur un plateau une raison bien plus valable de ne pas lui accorder ma confiance. Je pensais que cet échange allait se clore par un échec quant à ma collecte de petites informations pour cerner le personnage et voilà qu’il me servait assez d’éléments pour retourner contre lui son argumentaire. S’il était prompte à se justifier, il continuerait et révélerait davantage. Sinon, je disposais désormais de ce genre d’informations qui me maintenaient là où j’étais et écartaient ce voulant être calife à la place du calife.

Je lâchais mon verre sur la table et posant les coudes sur cette dernière, me penchait en avant en fixant du regard Alrost. Un regard insistant et froid qui contrastait avec un très léger et fin sourire. Puisqu’il avait commencé à se justifier, autant tirer un peu plus sur la corde. Autant l’envoyer en terrain glissant…

« Je pense qu’à partir de maintenant, ce serait plutôt moi qui devrait nourrir un manque de confiance à votre égard capitaine… Vous découvrirez très vite la situation avec les non-humains dans cette cité. Sans parlez de votre vécu. Vous êtes celui qui fut le témoin des tragiques évènements dont vous m’avez parlé. D’autant qu’à vous entendre ils furent fréquents dans votre vie et étrangement, pendant ces six cents ans de votre longue existence, vous vous êtes toujours trouvé au mauvaise endroit au mauvais moment...»

Mon sourire s’évanouissait à cette parole, renforçant le froid de mon visage et lourdeur de mes mots.

« En tout honnêteté, puisqu’il s’agit de la seule raison vous poussant à ne pas mettre les formes quand vous parlez à quelqu’un, ce qui, certainement du fait de votre très grande sagesse, n’aurait pas dû susciter mon énervement, ne trouvez-vous pas moins dangereux un capitaine de la garde en place depuis deux ans et n'ayant aucun antécédent qu’un non-humain multi-centenaire ayant étrangement était le témoin de plusieurs régicides et coups d’état arrivant dans une cité où règne un fort climat de tensions raciales cumulées à un potentiel complot ? »

Je reposais mon dos contre le dossier de ma chaise, ne lâchant pas du regard Alrost comme pour soutenir avec mes yeux la lourdeur des éléments que je venais de poser sur la table.

« Et toujours avec l’honnêteté que vous affectionnez capitaine, je pense que si vous n’aviez été presque rien pendant un grande partie de votre vie et que vous avez pu monter les échelons de ce misérable monde grâce à la confiance que certains vous ont accordés, même un premier jour d’arrivé, vous n’auriez pas tenu un langage qui m’aurait fait sortir aussi promptement de mes gonds. »

Je le regardais sans bouger. Il n’avait pas confiance en moi alors qu’il n’avait comme appuie que son expérience. Je n’avais pas confiance en lui d’abord par orgueil puis, simplement par sa justification de son comportement,  grâce à cette même expérience qui collait un peu trop avec la situation de Targatt. Je n’avais rien à prouver et notre nouveau capitaine du Protectorat, lui, tout.
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Alrost
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Mer 7 Fév - 14:45
Wihelmine avait semblé presque surprise l'espace d'un instant que Alrost fut rester à la table en gardant son calme. Elle ne sembla pas calmé pour autant mais un intérêt nouveau semblait faire surface sur son visage en colère. Peut être que cette intervention allait finalement pouvoir s'améliorer. Ne serait-ce qu'un tout petit peu.

Aussi reprit-elle  la parole en prétendant connaître quelques centaines d'année de vie en quelques phrases seulement. Comme si ces phrases centré sur l'aspect de la traîtrise représentaient la vie entière d'un interlocuteur plusieurs fois centenaires...Allons allons, voilà donc qu'elle faisait preuve de naïveté à présent...

Il n'avait pas lâché un instant son interlocutrice. Pas même alors qu'elle avait décidé de ne plus le regardé dans les yeux. Sans doute avait-elle cru qu'il s'emporterait d'une manière quelconque. Peu importe en soit.

Quant à la situation avec les non humains dans la cité. Autant être honnête...Il avait vécu bien pire. Après tout, Al avait visité puis vécu dans des lieux ou non seulement les non-humains mais la magie également était mal-venue. Sans parler de ses origines. De toutes les espèces, il faisait parti de la plus méprisée. Mais cela, il n'était pas disposé à le communiquer pour l'instant. Toutefois, à ses propos raciaux, un flash d'amusement ironique passa rapidement dans ses yeux avant de disparaître aussi promptement. Si seulement elle savait...Elle agirait peut être envers lui comme les racistes qu'elle pointe subtilement du doigt...

Il aurait bien répondu quelques choses mais ça ne semblait pas pertinent ou alors trop risqué pour l'instant. De plus, elle reprit la parole aussitôt. Se méprenant accessoirement sur sa raison de ne pas mettre la forme quand il communique. Il ne l'a jamais vraiment mise. Il n'était pas doué en communication et ne l'avait jamais été. Il avait bien essayé de lui dire mais elle ne semblait pas vouloir le comprendre. Enfin les années lui avait aussi démontrées que quelques soit la forme que l'on donnait aux mots il y aurait toujours des individus pour s'en trouver offusqué et d'autres charmés. Simple question de perspective. Quelles fenêtres ouvrons nous sur le monde? Ce n'est pas toujours un choix que l'on fait. On naît avec les fenêtres que nous ouvrent nos parents sur le monde jusqu'à qu'on ouvre les nôtres. Mais une fois que l'on a une ou deux fenêtres d'ouvertes il est difficile d'en créer d'autres. Tout ça parce que souvent, elles suffisent à répondre à toutes les situations. Le problème étant qu'elle nous permette d'y répondre de manière limitée. Les mortels sont particulièrement limité du fait de leur courte existence. On ne peut pas vraiment les blâmer pour ça.

Bref...son comportement indiquait une nouvelle stratégie. Al ayant commencé à se justifié, elle semblait le pousser à se justifier d'avantage. Sans doute avait-elle pensé qu'il prompt à le faire et que par conséquent il répondrait à ses attentes. Soit...d'ne certaine manière, elle en aurait pour son argent.

Toujours en la fixant, son regard se fit plus profond, mais aussi plus perçant. Sa face ne perdait pas de sa flegme quasi-éternelle alors que ses lèvres entamait la danse des mots.

"Capitaine...Prétendez-vous sincèrement connaître des siècles de vie avec seulement ces quelques éléments? Je vous prie d'apprécié la situation plus calmement."*...Vous profiterez ainsi pleinement de l'intelligence qui vous a permis ce rang.* Nota t-il pour lui même. L'exprimer verbalement aurait sans doute envenimer la situation. Du moins c'est ainsi qu'Al le percevait. Elle n'avait pas eu l'air d'être calmer le moins du monde quand il avait émis plutôt quelques flatteries sincères dans ses propos.

Il ne lui laissa toutefois pas vraiment le loisir de répondre. La question était plus rhétorique qu'autre chose.
"En réponse à votre question capitaine. Je vous invite à regarder la situation d'une autre perspective que la vôtre...La régente m'a contacté contre l'avis de son conseil.  Je pourrais certes être un espion ou un tyran mais au fond personne ici ne sait quoi que soit à mon sujet. Seule la régente a en sa possession des informations sur moi. Je n'ai aucun contact ici et je ne connais rien de la ville. Seule l'académie n'a pas changer. Avec qui comploterais-je donc? L'armée de protecteur dont on me donne la garde? Les protecteurs sont fidèle à la régente, beaucoup sont des paladins, certains ont manqué leur examen d'entrée à la garde, d'autres préférait un rapport de proximité avec la population. Si je leur donnait ne serait-ce qu'un peu à douter de mon engagement envers la cité, je serait aussitôt mis sous surveillance constante si pas emprisonné sur le champ. Et ce justement parce que je suis un étranger à la cité. Mais si la régente m'a contacté c'est qu'elle avait toutes les raisons de me faire confiance. D'un autre coté, il y a vous...avant de vous emportez sur la suite, sachez que vos réactions spontanées, m'invite effectivement à croire que vous êtes fidèle à votre poste. Néanmoins, continuons cette comparaison en regardant tout à fait objectivement. Les émotions obscurcissent l'observation et en conséquence le jugement qui s'en suit. De l'autre coté, nous avons donc une capitaine en place depuis deux. Ayant les clés du palace et les contacts pour mener à bien un complot d'envergure. Le pouvoir a pu lui monter à la tête, la lassitude peut être. Ou bien a t-elle perdu confiance en son leader? Les gens n'oublient pas que vous êtes une étrangère. Quand la paranoïa s'installe peut venir l'idée que vous êtes une espionne depuis le début" Il se radoucit un instant; naturellement cette fois ci bien que ce soit fugace. " En conclusion, je suis dangereux parce que régente mise à part, l'on ne sait rien de moi, je suis un grand point d'interrogation et vous êtes dangereuse parce que vous êtes une étrangère ayant monter les échelons, vous avez la confiance des gens et possédez des clés qui vous permettent d'aller pratiquement où bon vous semble. Vous n'êtes pas un point d'interrogation ambulant, mais s'il advenait que vous viriez de bord, vous pourriez prendre la cité en moins de temps qu'il ne leur faudra pour le réaliser." Il était conscient que ça n'irait pas forcément dans son sens d'autant que son ton professoral avait quelque peu pris le dessus. Il était rare que Alrost s'épande autant sur un sujet quelconque mais la demoiselle allait un peu loin à son goût et il ne voyait pas comment améliorer la situation autrement.

"Je ne vous considère pas indigne de confiance. Nous sommes simplement étranger l'un à l'autre. Je montrait simplement et objectivement les faits. J'ai tout à prouver parce que je suis l'étranger mais votre rôle requiert de vous que vous prouviez votre valeur, au peuple comme aux nobles, au quotidien."

Lui rappeler qu'elle n'était pas une menace à ses yeux mais une étrangère comme lui l'était pour elle, lui paraissait jouer en sa faveur. Mais à nouveau, la froideur de sa voix avait pris le dessus, qui sait comment elle prendrait tout ça. Bon...s'il advient qu'elle laisse à nouveau parler sa colère, il partirait et laisserait les choses sur ce mauvais pied. L'immaturité des mortels avait ce don de l'amuser autant que de l'agacer. Non pas qu'il nourrisse l'une ou l'autre de ces émotions mais tout de même. Sur ces paroles, il commandant un chocolat chaud épicé qui fut servit quasiment sur le champ malgré l'heure d'affluence de la taverne. Soit un coup de chance, soit la nouvelle de son poste avait déjà atteint les oreilles de la taverne. Ce qui était plus que probable malgré la diligence avec laquelle il fut nommé.
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Wilhelmine Schlacht
Capitaine de la Garde Royale
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Hier à 4:53
Voilà que la conversation avec Alrost devenait bien plus intéressante. Ce n’était plus un simple duel de confiance, c’était de véritables justifications que j’attendais. Un moyen de pouvoir faire pression à un moment ou bien simplement me prévaloir d’une mauvaise intention de la part du nouveau Capitaine du Protectorat. Pour ma part, les choses étaient déjà fixées : je n’avais pas l’intention de lui accorder un soupçon de confiance et si je devais travailler avec lui, ce serait en fournissant le minimum d’effort laissant l’outrancière majorité de celui-ci à la disposition de mon corps d’armée et de ma fonction de Capitaine de la Garde Royale.

Toutefois, m’attendant encore à une justification banale de la part de cet Alrost, je fus agréablement surprise par l’œuvre d’esprit que le non-humain me livrait. Bien que je restai à le regarder sans trahir mes opinions, intérieurement, je souriais en écoutant. Le non-humain était bien plus intelligent qu’il ne l’avait laissé paraître ce qui me satisfaisait. D’une part parce que cela m’enlevait la mauvaise impression que la Régente ait nommé un candide mais aussi parce que cela me permettait de donner un peu de charbon à brûler pour ma position quant aux risques que représentait le non-humain. L’intégralité de la démonstration était parfaitement bien filée. Tout y était logique. Aussi bien la partie reprenant mes arguments qui me pointaient comme le putschiste idéal. Ils étaient particulièrement bons même. La preuve sans doute d’une sagesse et d’une expérience assez grande pour pouvoir faire en aussi peu de temps un tel réquisitoire.

Je posais mes coudes sur la table de la taverne avant réfléchir à ma réponse tout en écoutant. Pourtant la réponse que je voulais ne venait pas. Peut-être parce que tout avait été dit. Il aurait été trop facile que je monte sur mes grands chevaux outré par le ton désagréable qu’il avait pris. Après tout, il était toujours difficile de lutter contre les vieilles habitudes et son grand âge ne devait pas permettre au non-humain de se rendre compte qu’il ne parlait pas à une enfant. Ceci étant mis de côté, il ne restait pas beaucoup de solutions. Une justification de ma part lui donnerait des informations que je n’avais pas la moindre envie de lui confier. Un détournement de la conversation lui donnerait l’impression que je me sente mal à l’aise avec l’idée d’être le parfait cerveau d’un putsch. Il ne restait donc plus beaucoup de solutions…

Alors que le non-humain se faisait servir son chocolat, bien étrange boisson pour un individu virile de son âge, je me levais, laissait quelques pièces sur la table pour payer ma consommation avant de m’arrêter à côté de lui.

« Voilà donc comment se manifeste votre esprit. De la part de notre nouveau commandant du Protectorat je n’en attendais pas moins. Peut-être avez-vous raison. Peut-être que je suis l’invisible menace qui, non-contente d’avoir grimpé aussi vite les échelons de la hiérarchie militaire voudrait une couronne sur sa tête. Peut-être aussi qu’après avoir vu autant de tête couronnée, vous en voudriez une ? Avec le temps, vous avez bien dû trouver un moyen. Toutefois… je me penchais en avant pour lui parler à l’oreille … essayons d’éviter que nos divergences n’empoisonnent davantage la vie de notre Régente. Il serait dommage que l’un de nous tombe en disgrâce à cause d’une perte de confiance… et comme vous l’avez dit, dans ce domaine, l’un de nous possède un capital bien plus élevé que l’autre. Sur ce, commandant, je vous souhaite une agréable fin de soirée. »

Je me redressais en faisant un léger signe de tête au non-humain avant de quitter l’enceinte de la taverne. Je n’aimais pas que l’on puisse porter atteinte à ni à mon autorité, ni à mon rang. Le problème avec Alrost, c’est qu’il avait pointé du doigt exactement ce qui m’effrayait depuis mon arrivé à Targatt et qui depuis les derniers incidents pouvaient devenir des armes contre moi : mes origines. Il était donc hors de question qu’il puisse d’une manière ou d’une autre me porter préjudice et puisqu’il avait conscience de mes avantages, autant les utiliser à mon avantage. Même si ce que je lui avais dit pouvait être pris pour une menace, s’il réflechissait un instant il comprendrait que cela était plutôt un simple échange de bon procédé : tant qu’il ne me portait pas atteinte, je ne lui porterai pas atteinte. C’était donnant-donnant. Le seul élément biaisant le calcul était ma position et c’est ce qui transformait cet échange en une quasi-menace.

Alors que je m’arrêtais juste devant la sortie de la taverne en ajustant la ceinture tenant mes deux épées, je me disais que je n’avais aucun remord à lui avoir dit cela. Je n’avais pas l’intention d’être sa rivale mais je n’allais pas accepter que ce parvenu vienne massacrer mon image et je lui rendais un service : il venait de subir sa première menace politique au sein de Targatt. Au moins cela lui mettrait le pied à l’étrier. Et puis, cela lui donnerait du grain à moudre pour son manque de confiance à mon égard.
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