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La relève [Terminé]

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Astoria Lane
Régente de Targatt et directrice de l'académie - Mage 1er ordre
Age du personnage : 34
Race : Humaine
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Sam 14 Jan - 22:55
Avec toutes ces disparitions, l'académie peinait à trouver des enseignants en remplacements des quelques uns qui avaient pris leur jambes à leur cou ou de ceux qui se trouvaient des excuses pour ne pas revenir "dans l'immédiat". Astoria n'avait jamais vu autant d'animaux de compagnie, de tante et d'oncles mourir subitement avant ce jour là.


Qu'à cela ne tienne, elle avait toujours pressenti que les vieux croupions poussiéreux ne lui seraient jamais d'une grande utilité en quoi que ce soit mais elle avait estimé jusque là que s'occuper "proprement" de leurs classes était déjà un grand pas. Et elle le pensait encore davantage depuis qu'ils avaient déserté.


L'heure cependant n'était nullement aux suppliques car justement aujourd'hui sonnerait peut-être le glas pour un des postes vacants car elle accueillerait d'ici peu une jeune femme intéressée par le poste de maître de magie noire. Bien qu'elle répugne toujours autant à laisser cette matière en "libre accès", elle devait admettre que la supprimer serait une grave offense au libre arbitre de tout un chacun. Et puisqu'il était hors de question pour elle de retirer la magie noire, alors il faudrait qu'elle autorise les deux. Après tout, il fallait toujours deux faces à une même pièce pour qu'elle existe bel et bien.


Et rien ne disait que cette Dame Altius n'était pas au final un être tout à fait charmant et raisonnable. Elle espérait de tout coeur que ce soit le cas car n'avait que peu envie d'une, de devoir la renvoyer d'où elle venait, ce serait assez cruel après un si long voyage, et de deux, Astoria avait hâte de pouvoir rayer de sa liste la magie noire parmi les postes vacants.


La jeune régente soupira longuement en replaçant une de ses mèches de cheveux blonds. Le soleil se coucherait bientôt, avec la crue du fleuve en aval, peut-être n'arriverait-elle que demain après tout.


Se replongeant dans le parchemin étendu devant elle, la femme le parcouru rapidement du regard avant d'y apposer sa signature. Faisant couler un peu de cire, elle finit par y apposer son sceau et laissa le document refroidir quelques instants avant de le replier et de le poser sur un tas de missives prêtres à partir.


En saisissant un autre sur lequel étaient griffonnées des inscriptions, elle saisit une plume, de l'encre et raya allègrement une phrase entière qu'elle annota.


*Comment diable peuvent-ils encore prétendre vivre dans l'insalubrité alors qu'ils ont les plus belles places de la cité... Je ne sais pas si ce clan m'épuise davantage qu'il ne m'étonne ou l'inverse...*

Songea-t-elle avec un haussement de sourcils navré tout en rayant une seconde phrase plus bas.
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Contessina Altius
Professeur de magie noire - Mage 2nd ordre
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Ven 20 Jan - 16:18

Prologue
La Relève

Contessina Altius & Astoria Lane

Le garde en faction devant le bureau de la régente ouvrit un regard étonné avant qu’un étrange sourire ne vienne naître sur une bouche pourtant plus habituée à la mine fermée et patibulaire que les sentinelles savent si bien adopter. La source de cet étonnement et étrange sentiment de bien être soudain était la jeune femme qui suivait le serviteur jusqu’au bureau déjà mentionné.

Jeune, près de la trentaine, d’une chevelure d’un noir corbeau pénétrant, elle semblait dépareiller entre les murs de pierre du château vêtue en cavalière comme une jeune noble souhaitant partir à l’aventure au sein des jardins de sa propriété. Son buste ceint dans un veste d’équitation, les mains gantées de noir, les jambes seulement couvertes d’une culotte sombre descendant jusqu’au genou tandis que de hautes bottes d’équitations reprenaient le relais pour conserver l’honneur de l’aventurière en dépassant de très peu l’articulation de la jambe, elle semblait vouloir évoquer une bouffée d’énergie dans une journée morne.

Captant le regard du soldat, elle le gratifia d’un sourire amusé avant que l’homme qui la précédait ne toque par trois fois à la porte attenante pour finalement s’effacer et la laisser entrer.

C’est avec un sourire courtois, mais engageant que la jeune demoiselle Altius pénétra dans les bureaux de la régente de Tagartt, faisant trois pas à l’intérieur, elle s’arrêta aussitôt aperçu l’objet de sa visite pour s’incliner avec respect envers la souveraine de cette forteresse.

Ma dame, je vous prie de me remercier de me donner la chance de paraître en des lieux que vous occupez. Veuillez, si vous l’acceptez, excuser ma tenue. Recevant votre généreuse invitation pendant mon absence, je ne me serais permise de vous faire attendre le temps de changer de toilette.



Car en effet, si cette tenue flattée avec aisance la silhouette parfaitement féminine de la postulante, elle n’avait rien d’une tenue adéquate pour être reçue en bonne société. Les robes et jupes se trouvaient l’uniforme des dames en ces occasions et pour un esprit fermé, le simple fait de paraître ainsi pourrait s’avérer une véritable insulte à son hôte.

Mais la demoiselle, si elle s’exprimait d’un accent étranger à Tagartt que le lecteur pourrait trouver similaire à ce que l’accent russe est pour notre monde moderne, n’en est pas moins une enfant de la cité que sa régente.

Etreinte voilà longtemps par le seigneur du clan Helmael, elle avait passé de longues années depuis son retour dans sa cité natale à effacer méthodiquement toutes traces de son existence humaine et à présent, le nom d’Astrid Bones n’évoquait plus rien à personne au contraire de Contessina Altius, jeune fille de la noblesse étrangère du Nord-Est.

La vampire, car telle est la nature secrète de notre héroïne, s’était ainsi occupée, tout d’abord pour tromper l’ennui, puis toujours plus activement, à donner naissance à une nouvelle fausse identité. La troisième depuis sa non-mort. De longues nuits durant, elle avait pratiqué une série de visites nocturnes à différents archivistes et érudits de la cité, ne le leur laissant de souvenirs que sous la forme de doux rêves alors qu’ils travaillent en secret à construire celle qui se présenterait un jour devant la régente de Tagartt en tant qu’humaine pour infiltrer ce temple de l’enseignement qui faisait la richesse, la fierté, mais surtout la puissance de la ville.

Aujourd’hui, ces longues années de préparation arrivaient à leur terme en cette fin de journée. Un matin pour la vampire, encore pleine de l’énergie accumulée dans son sommeil, dont elle profiterait pour tirer avantage de la fatigue accumulée de cette délicieuse régente qui tenait une partie de son avenir entre ces mains…

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Astoria Lane
Régente de Targatt et directrice de l'académie - Mage 1er ordre
Age du personnage : 34
Race : Humaine
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Ven 20 Jan - 21:53
La jeune femme redressa la tête en voyant les portes s'ouvrir, une inconnue pénétrant dans son bureau escorté d'un serviteur. Ah bien, elle avait pu arriver finalement. Astoria ignorait comment elle avait pu contourner si vite le court d'eau en crue mais peu importait, elle était contente de pouvoir mettre un visage sur un nom si estimé.

La régente avait longuement étudier - avec l'aide des érudits de ce monde - les personnalités intéressantes et compétentes qui pourraient poursuivre l’œuvre de l'académie en formant les plus grands mages, et aussi les pires sorciers, mais c'était une autre histoire. Mais pour cela, il fallait forcément faire appel aux personnes les plus adéquates. Et vu sa réticence naturelle à accepter que l'art de la magie noire soit étudiée, elle avait tenu à choisir une personne qui, dans le monde, brillait par son intelligence comme par son "humanité". Et elle pensait avoir peut-être trouvé la personne tant recherchée en la jeune personne qu'était Contessina Altius.

Astoria repoussa la chaise en se redressant, un sourire bienveillant illuminant son visage tendit que la demoiselle s'excusait avec un accent typique des pays des baltiques voire même au-delà.
Suite à sa tirade, la régente ne put qu'observer plus attentivement sa tenue. Pour elle qui portait l'armure -qui d'ailleurs trônait dans un coin de la pièce- ces vêtements étaient tout à fait en adéquation avec le fait de voyager, il n'y avait donc rien de déplacé. Toutefois, qu'elle s'inquiète de ce genre de détails ne pouvait que montrer son appartenance aux classes les plus raffinées de la société de ce temps, une pensée qui satisfaisait déjà Astoria qui prit finalement la parole.

" Ne vous inquiétez en rien de votre toilette. De plus j'ai tendance à veiller..."

Elle désigna d'un geste vague de la main les piles de documents avant de poursuivre.

" Je vous en prie, prenez place en face de moi."

D'une pensée, elle fit apparaitre une théière flottant dans les airs et deux tasses vinrent prendre place devant chacune des deux jeunes femmes.

" J'ai été ravie de recevoir votre réponse à mon courrier initial. Le poste de professeur de magie noire a été très longtemps... Inoccupé dirons-nous. Et je souhaitais fermement que cette matière ne soit pas librement mise à la portée de tous. D'après ce que nos érudits ont pu m'apprendre sur vous, je pense que vous saurez dissuader nos élèves les plus... troublés de s'investir trop dangereusement. "

Elle allait dans le vif du sujet sans vraiment prendre de pincettes mais elle comptait justement là-dessus pour tenter de voir davantage qui était vraiment Demoiselle Altius. Et provoquer une réaction spontanée était le moyen le plus simple. Un de ses conseillers avait réclamé qu'elle fasse passer les entretiens -peu importait le poste- dans une zone de vérité mais elle avait trouvé ça peu élégant, et ça mettrait forcément en porte à faux les rares personnes qu'elle recevait. Or, elle voulait que sa relation avec ses subordonnés se fasse dans le plus grand respect et non pas dans la plus horrible des méfiances. De plus, malgré son sourire, ses yeux bleus trahissaient malgré elle une certaine lassitude, qui n'avait strictement rien à voir avec la délicieuse visite qu'elle recevait.

La théière avait commencé à verser un liquide noirâtre dans les tasses devant elles. Dès qu'elle prit la tasse, celle-ci se mit à émettre une odeur douce et sucrée, une odeur de chocolat chaud. Ces sortilèges combinés faisaient fureur depuis quelques mois dans le monde de la magie car ainsi chaque personne avait d'office ce qu'il aimait. Même odeur, même texture, même goût. Astoria avait adopté cette pratique très vite et profitait de n'importe quelle occasion pour la sortir et savourer sa boisson préférée.

Son attention toujours attentivement portée sur la jeune femme, Astoria scrutait la moindre réaction avec un œil avisé. Portant la tasse à ses lèvres, elle prit une gorgée du liquide chaud avant de poursuivre.

" Je suis par ailleurs, vraiment curieuse de connaître enfin votre histoire et comment la magie noire vous est venue, et comment vous la pratiquerez peut-être entre ces murs."

Laissant son pouvoir de lecture des peurs filtrer juste assez pour l'aider à reconnaître une éventuelle crainte, anormale, elle reposa la tasse avec douceur, son sourire bienveillant ne l'ayant pas quitté depuis le début.
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Contessina Altius
Professeur de magie noire - Mage 2nd ordre
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Mar 24 Jan - 17:11

Prologue
La Relève

Contessina Altius & Astoria Lane

Un sourire aimable et reconnaissant se peignit sur les traits de porcelaine de la jeune dame Altius alors que la régente lui faisait la grâce de l’excuser pour sa tenue. Remerciant d’un mot aimable le serviteur qui l’avait mené jusqu’ici elle prit place face à la régente et prit un instant pour la détailler.

Astoria semblait de ces femmes qu’il était difficile de détester, il émanait d’elle un calme et une assurance que l’on pourrait attendre chez une mère aimante prompte à résoudre tous les problèmes de ces enfants, mais dans un corps qui n’avait encore rien perdu de sa beauté, seulement son innocence juvénile et une apparence de candeur que le poids de ses responsabilité ne semblait pas vouloir laisser s’installer. Car au delà de directrice, elle n’en restait pas moins la dirigeante d’une citée lourde d’intrigue et de sorcellerie.

Un instant tentée de prendre de cours la régente et s‘asseoir directement sur son bureau pour observer tout autant ses réactions que celle de son environnement immédiat, Astrid considéré que jouer avec les sortilèges de protection d’un château pluri-centenaire ne serait pas le coup parfait à jouer en ouverture. Aussi se limita t-elle au rôle qu’elle s’était donnée, la froide et aimable enseignante qui protégerait les élèves de leurs propres soifs de pouvoir.

La dissuasion est une approche qui demande tout autant de subtilité que d’ingéniosité de mon point de vue si vous le permettez. Refusez debut en blanc la demande d’apprentissage d’un élève et vous pourriez le pousser vers des sources moins sécuritaires, tels que des ouvrages oubliés ou les pauvres mages de seconde zone promettant monts et merveilles et profitant des rares secrets qu’ils ont pu grapillé au cours de leur existence. Il faut d’après moi apprendre à guider l’élève, se tenir derrière lui tout en détournant lentement son regard des secrets les plus noirs de la discipline. Cette soif chez beaucoup est bien souvent amenée par une forme de mal être intérieur, les maux du corps et du sang. Or n’étant pas physicienne, je préfère ne pas les soigner à l’aide de saignée qui sont hors de ma portée, mais plutôt par leur donner l’illusion de l’apprentissage de secrets, d’une écoute et leur laisser le temps de s’ouvrir aux autres élèves et aux distractions typique de ce jeune âge qui ne manqueront pas d’écarter leur jeune esprit des rigueurs et sacrifices que demande une véritable maîtrise des arts noirs.



Le dos droit, le menton légèrement relevé, Contessina adoptait la posture qu’on lui avait inculqué de son vivant, bien des décennies plus tôt pour accroître l’illusion qu’il s’agissait bien d’une demoiselle de bonne famille qui caressait d’un regard étrangement tentâteur le visage de la directrice de l’école, les artifices du maquillage, de quelques sortilèges cosmétiques et d’un jeu d’acteur vieux de près d’un siècle donnant quant à lui l’image qu’il s’agissait bien d’une vivante qui faisait face à la régente et non pas un rejeton d’Antoine.

Accueillant la question de son passé avec un sourire amusé, elle dissimula un petit rire derrière un éventail promptement sorti de sa manche avant de le fermer de nouveau pour le faire venir reposer sur ses cuisses.

Je dois avouer beaucoup apprécier ce petit test insoupçonné, ma dame. Car, je ne doute pas qu’une femme de cette qualité ait fait ses recherches sur mon passé également avant de seulement daigner m’honorer de sa correspondance. Oserais-je outrepasser un ordre direct de votre délicieuse personne de peur de vous ennuyer ? Bien entendu ! Mon passé ne fait nul secret pour vous, j’en ai bien peur et croyez bien que si je ne vous tenais pas par réputation en si haute estime, je m’en serais peut-être trouvée insultée. Mais ce „peut-être“ augurerait de ma part un caractère précieux qui me ferait certes une bonne dame de la cour, mais pas une enseignante de pragmatisme. Je suis une femme de mon temps madame et éduquée de surcroit, je comprends le pragmatisme de votre démarche et ne trouve donc pas d’intérêt à vous assomer par le récit de ma propre vie. Nombreux seraient à sauter sur l’occasion de parler d’eux-même, mais vous me trouverez j’espère d’un caractère pudique à défaut d’insultante.




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Astoria Lane
Régente de Targatt et directrice de l'académie - Mage 1er ordre
Age du personnage : 34
Race : Humaine
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Ven 27 Jan - 14:12
Une seconde, la surprise passa dans les yeux de la jeune femme tendit que son interlocutrice lui détaillait la manière dont elle comptait s'y prendre avec les élèves. Astoria devait avouer qu'elle n'avait jamais vu aussi loin et qu'au vu de sa position, un simple mot ou geste suffisait souvent à dissuader. Après un instant à analyser ce que Demoiselle Altius venait de lui décrire, la directrice et régente se repoussa doucement contre le dossier de son siège, trahissant par là le peu de recul qu'elle avait sur cette forme d'enseignement tout en restant attentive.

En revanche elle comprenait parfaitement que Contessina ne décide pas de tenter de soigner les maux du corps et de rester dans son domaine. Astoria elle-même aurait préféré ne pas avoir à se préoccuper de ces sujets afin de rester dans des domaines qu'elle maîtrisait. Ses yeux bleu s'assombrirent un peu tendit que Contessina poursuivait. La magie noire décidément la laissait toujours avec des tas de questions et des considérations morales étranges. Si ça n'avait tenu qu'à Astoria, ce type de magie n'aurait pas eu sa place à Targatt, et elle avait clairement demandé à la jeune femme de dissuader les élèves d'être trop assidus dans sa matière, ce qui en soit, n'était pas correct, du moins pas pour une Régente. Comme si ce n'était pas suffisant, maintenant que la jeune demoiselle Altius lui confirmait être capable de le faire, c'était Astoria qui se questionnait quant à la valeur morale d'un tel procédé... Les élèves ne venaient-ils pas pour apprendre. Ne devait-elle leur faire confiance quant à leur choix et n'avoir son mot à dire qu'en cas d'échec ou de faute ? Oui... et non. Elle devait sans doute aussi prévenir les risques mais trouver le juste milieu suffisait à lui déclencher des maux de tête. Elle avait plus ou moins les mêmes considérations avec la magie spirituelle qui pouvait facilement devenir néfaste suivant l'utilisation que l'on en faisait. Malgré ses considérations, elle avait toute conscience qu'elle souhaitait simplement trop en faire et que le libre arbitre était une chose essentielle à laisser intacte. Tenter de se l'aliéner, même dans un but louable, ne finirait que par la faire basculer du côté des fanatiques, ce qu'elle préférait éviter.

Fermant les yeux une seconde, la jeune femme se reprit rapidement.

"Vous semblez avoir déjà eu l'occasion d'évaluer ce type de situation. Je me réjouis de constater que nous nous comprenons. Cependant vous éveillez ma curiosité sur un point tout particulièrement. "

Un sourire malicieux germa sur ses lèvres, et un intérêt sincère pour la réponse prochaine.

"Qu'avez-vous du sacrifier pour apprendre les secrets de la magie noire ?"

Astoria se rendait bel et bien compte que cette question pouvait avoir un attrait très, voire trop, personnel aussi préféra-t-elle reprendre rapidement la parole avant qu'elle ait eu le temps de formuler une réponse.

"Peut-être quand nous nous connaitrons mieux, ou quand la nuit sera plus avancée comme diraient certains."

Lança-t-elle à la volée en levant sa tasse de chocolat chaud. Un brin gênée autant par l'audace qu'elle avait eu de poser la question ouvertement que par le regard que lui lançait Contessina, un brin charmeur, qu'Astoria mit sur le compte de sa jeunesse et de son éducation.

Quant à l'histoire de la jeune femme, sa réponse fut sans conteste d'une éloquence à couper le souffle, sans compter qu'elle paraissait avoir une dextérité hors du commun quant au maniement de l'éventail tout au moins. Il fallut tout le calme afférant à une régente digne de ce nom pour ne pas fondre de honte. Elle avait de surcroit raison sur toute la ligne. Son histoire en tant que tel avait davantage pour but de la cerner que d'écouter un récit sans palpitant auquel elle avait déjà eu droit lors de ses recherches auprès des érudits.

La directrice de l'académie profita d'une longue gorgée, terminant ainsi le contenu de sa tasse, pour s'assurer que rien ne trahirait sa gêne. Décidément, cette jeune Dame avait le don de la placer dans les positions les plus instables.

Reposant sa tasse délicatement, Astoria soutint avec douceur le regard de son hôte.

"Votre discernement a-t-il une limite..?"

Avec un sourire, elle fit un geste dans le vide, prononçant mentalement quelques mots. La seconde suivante, un parchemin jaillit dans un flot d'étincelles. Roulé sur lui-même comme c'est de coutume, il était prêt à être scellé. D'ailleurs, en même temps que lui, le sceau de la Régente était apparu à ses côtés.

"Un peu trop d'artifices je vous l'accorde pour un simple morceau de papier."

Elle le lui tendit tout en reprenant.

"Il s'agit d'une charte que vous vous engagez à respecter en tant que professeur de l'académie de magie de Targatt. Elle vous place directement sous les ordres du directeur de l'académie. En résumé, vous vous engagerez à ne pas mettre en danger la sécurité de l'académie ou de la Cité par des pratiques quelles qu'elles soient. En cas de danger imminent, assurer la sécurité des élèves est votre premier devoir."

Elle marqua une courte pause avant de reprendre.

"Les châtiments réservés aux élèves... récalcitrants vous sont entièrement dévolus dans votre classe ou sur tout le domaine de l'académie, exception faite pour le directeur de la maison dont l'élève dépend qui a le dernier mot."

Astoria replaça une mèche de ses longs cheveux blonds avant de pousser vers elle une plume et de l'encre. Du parchemin émanait une aura magique, certes bien plus terne que l'aura d'une personne mais ça laissait peu de doute quant à la valeur qu'aurait la signature de la jeune Dame Altius.
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Contessina Altius
Professeur de magie noire - Mage 2nd ordre
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Mar 31 Jan - 13:20

Prologue
La Relève

Contessina Altius & Astoria Lane

Si l’on devait nommer une première qualité chez la régente ce serait invariablement l’attention qu’elle savait porter à ses interlocuteurs. Ce regard bienveillant allié à cette figure digne et aimable avait un effet certain chez autrui, l’impression d’être important pour elle, quels que soit les mots qui puissent de notre bouche, une impression que Contessina connaissait vaguement pour l’avoir connu il y a plusieurs siècles, comme un étrange souvenir issu des brumes du passé. Quelque chose de très maternel, mais qui bizarrement ne se rapportait pas au registre de la famille.

La fille d’Antoine comprenait aisément à présent la réputation qui entourait la régence de la cité. Cette qualité, qu’elle soit issue d’un pur jeu de comédie ou d’une véritable propension personnelle avait de quoi mettre en confiance son interlocuteur et pouvait l’amener à se confier plus que de raison, sans pour autant en percevoir de la crainte, une véritable arme secrète dans le domaine du pouvoir et de la diplomatie. Si elle comprenait Astoria comme étant „bonne“ par nature, elle ne devrait pourtant pas la considérer comme une dévôte stupide, car l’idiotie n’avait visiblement pas voix au chapitre sur ce visage angélique.

Mais aussi atypique que puisse être cet éclat de bonté dans le monde pour un être issu des ténèbres, elle n’en restait pas moins humaine et peut-être plus franche dans ses attitudes que des politiciens de métier. A travers les réactions de son corps, feu Astrid Bones pouvait entrapercevoir la dualité qui semblait saisir l’esprit de son interlocutrice alors qu’elle même lui exposait ses idées concernant les élèves trop „motivés“.

Cette sensation titillait son besoin de jeu, un étrange avertissement sourd résonnait dans son esprit, de ne pas prendre cette oie blanche pour autre chose qu’une tête couronnée avec du pouvoir et notamment magique, mais l’instinct de prédateur de Contessina la tançait depuis un long moment. Elle devrait travailler dessus et les longues heures de classes aideraient à sa discipline personnelle, car elle se rendait compte que le vrai danger ne viendrait pas de l’extérieur cherchant à découvrir la véritable identité de la charmante enseignante, mais bien de ses propres tentations à la proximité de tant de proies insouciantes alors que l’éclat ardent de l’astre solaire saperait ses forces.

Se laissant aller et profitant de la reprise de contrôle de la conversation de son interlocutrice, elle laissa ses billes froides s’ancraient dans le regard d’Astoria, laissant le don d’Antoine se déversait à travers elle, mais non pas comme un torrent déchaîné, plutôt comme un petit ruisseau charmant et sous contrôle. S’il s’agissait bien du pouvoir de séduction de son clan, il ne visait pas à saper la volonté de son interlocutrice, ni à occulter sa mémoire, mais simplement à accroître son trouble, faire naître le soupçon de désir dans cet esprit pur.

Astrid ne comprit cependant pas tout de suite qu’elle avait trop laissé à son vis à vis de contrôle sur la conversation, celle-ci s’enhardissait et semblait vouloir plonger plus profondément. Les „sacrifices“ avaient été nombreux, mais ils n’avaient tout d’abord pas été égoïstes, l’oie blanche qu’elle était jadis s’était laissée abusée par des concepts tels que la filiation ou la loyauté familiale, elle s’était laissée sacrifiée sur l’autel des ambitions de son père et avait perdu tout autant qu’elle avait gagné.

S’apprêtant à répondre, elle se rendit compte que la régente n’en attendait pas vraiment, jouant de question, mais également de réponse pour entretenir la conversation. La vampire aurait-elle poussait trop loin son exercice et aurait-elle déclencher un torrent chez son interlocutrice ? Une question que la phrase suivante ne cessa de renforcer.

Astoria saisissait son chocolat pour réduire le poids de ses parôles et Contessina observa un instant sa propre tasse sans la saisir, préférant hisser son éventail pour dissimuler le bas de son visage, alors que ses sortilèges cosmétiques affichaient soudainement une mine rougie par l’embarras.

Pardonnez-moi madame la régente, je ne suis pas encore au fait des moeurs peut-être plus … „libres“ de vos contrées.



Quelle qu’en soit la raison, la phrase et son ambiguïté possible jouait dans le sens de la vampire. Sans accentuer la pression très délicate du pouvoir qu’elle tentait d’exercer sur la régente, la jeune aristocrate baissa finalement son éventail et le menton, jetant un regard par en dessous à son interlocutrice, un sourire de petite fille prise en faute devant un bout de chocolat se peignant un instant sur ses lèvres sombres alors que son corps quittait la rigueur slave pour adopter une position mettant plus en valeurs ses atouts, comme si elle souhaitait répondre aux attentes de la régente sans en donnait l’impression franche.

J’ai peur que mon discernement n’aille pas jusqu’à percer le sens de vos mots les plus mots nocturnes, ma dame, mais je tâcherais de répondre au mieux à toutes vos attentes.



Et c’est sans quitter cet air mêlant pudeur et tentation que la future enseignante observa sans grande surprise l’apparition du parchemin et des explications de la régente. La chose était classique et de nombreux mages semblaient vouloir recourir au contrat pour sceller une union, cependant cette magie recelait plusieurs faiblesses et piège, autant chez le signataire que chez le contractant. Les clauses cachées et invisibles étaient monnaies courantes, tandis que seul le nom de naissance disposait d’un véritable pouvoir liant face à une magie qui se moquait des pseudonymes et percevait la réalité d’une identité à travers tous les mensonges. Les nom et prénom de Contessina Altius ne seraient rien de plus que des mots ajoutés en bas de page, du moins pour elle pensa t-elle en apposant cette nouvelle signature où on lui demandait.

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Astoria Lane
Régente de Targatt et directrice de l'académie - Mage 1er ordre
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Jeu 2 Fév - 21:13
Pour la régente, la jeune femme devant elle avait tout d'une vraie Tsésarevna, à la fois éduquée, populaire -si l'on en croyait les écrits auxquels Astoria avaient facilement eu accès quant elle était à la recherche de professeurs potentiels-. Mais elle paraissait également pleine d'une retenue toute composée. Rien d'alarmant là dedans, c'était le cas de presque toutes les héritières des grandes familles du monde qui se devaient de porter un masque, quel qu'il soit. Astoria en savait quelque chose. Ajoutant encore à tout cela son esprit vif, la régente aurait facilement un faire un complexe si elle n'était pas, disons, imperméable à toute forme de jalousie. Malgré cela, le jeune régente ne pouvait s'empêcher d'être admirative, elle-même n'étant jamais parvenue à atteindre un tel degré de maîtrise malgré ses efforts. Elle avait d'ailleurs abandonner cette idée.

Quoi qu'il en soit, Astoria venait sans réellement s'en rendre compte, de se perdre dans un flot de paroles, noyant la pauvre sous mille questions et sous-entendus qu'elle ne se serait jamais permise. Rosissant de sa propre fougue, elle croisa le regard de Contessina tendit qu'elle jouait la carte de l’ambiguïté. Et ça fonctionnait en fait puisque la jeune régente préféra éviter sciemment toute pensée qu'elle n'aurait pas eu en temps normal pour se reconcentrer sur la raison de la venue de son invitée.

Astoria ne répondit pas à la jeune femme alors qu'elle lui assurait répondre comme elle pourrait à ses attentes. Elle ne comprit pas le sous-entendu probable et se contenta d’acquiescer.

Tendis qu'elle lui présentait le parchemin, elle ne put s'empêcher de remarquer l'apparente perfection physique de son hôte. Encore une chose à apporter aux crédits de Demoiselle Altius. Nul doute qu'elle devait ployer sous le nombre un nombre faramineux de courtisans. A cette pensée, Astoria esquissa un léger sourire. Imaginer un professeur de magie noire en difficulté face à des prétendants avait quelque chose d'amusant même si elle se rendait compte de l'absurdité de sa pensée.

Le bruit de la plume sur le parchemin la ramena à la réalité et elle dut faire un effort pour cacher le trouble qui l'avait saisi l'espace d'un instant. Peut-être Contessina avait-elle raison. A force de côtoyer tous les gens étranges qui passaient par Targatt peut-être la Cité, mais elle-même également, avait pu devenir un peu plus "libre" qu'elle ne l'avait cru. Mais pourquoi diable fallait-il que ça se manifeste face à une inconnue ? Elle accueillait tout de même un maître ce n'était pas rien.

Délaissant ce mystère, elle reprit poliment le parchemin qui disparu alors même qu'elle le lançait négligemment en l'air.

"Je ne vais pas vous retarder davantage votre voyage ayant déjà du vous épuiser."

Astoria se redressa doucement en repoussant sa chaise, du moins sa vaste robe le fit pour elle.Elle reprit d'un ton plus serein et maîtrisé, bien plus semblable à celui qu'elle avait eu au début de a conversation.

"Toutefois, lorsque vous serez remise, je vous invite à vous aventurer hors des murs de l'académie pour visiter la Cité. Elle regorge d'intérêts pour qui sait où chercher."

Une porte s'ouvrit, un serviteur s'inclinant rapidement avant d'adresser un regard avenant et courtois, quoi qu'un peu troublé, sur la noble Contessina Altius, l'invitant à le suivre.

"Les appartements qui vous dévolus se trouvent dans l'académie. Polery va vous y guider. En cas de besoin je suis évidemment à votre écoute."

Elle s'inclina poliment pour signifier la fin de l'entretien.
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Contessina Altius
Professeur de magie noire - Mage 2nd ordre
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Mar 14 Fév - 19:37

Prologue
La Relève

Contessina Altius & Astoria Lane

Astrid appréciait sans y paraître le trouble naissant chez son interlocutrice, malgré sa franchise apparente, la prédatrice était impressionnée par le contrôle que pouvait exercer cette humaine sur elle-même. Même ses sens affinés par la bénédiction de la nuit peinant à saisir cette délicate rougeur au coin des pomettes témoignant que malgré son teint de lait, la régente n’était pas bâtie de glace.

Sitôt la signature apposée, Astoria se saisissait du parchemin d’un geste souple et non sans grâce. Faisant preuve d’une attention toute particulière au bien être de son invitée, elle mit fin au protocole de l’évènement qui se déroulait pour entamer, celui plus souple des au revoirs. Elle ne manquait à rien à ses devoirs et les accomplissait même avec un naturel quelque peu désarmant. Du temps de son vivant, la jeune femme qu’elle se trouvait être alors n’aurait pas manqué de trouver en cette figure d’authorité une image de réconfort, aujourd’hui elle ne voyait qu’un esprit fort dont les failles seraient longues à exploiter pour véritablement étendre son empire sur son esprit, mais une fois cela fait, elle bénéficierait des atouts nécessaires pour se libérer de l’emprise d’Antoine et pourrait dès lors activement agir pour sa chûte.

Se levant de concert, elle accepta le conseil de découverte de la ville avec un sourire courtois, l’air d’accepter mais de ne destiner à n’en faire rien de plus qu’un conseil amical. L’image de noble étrangère reclus dans ses quartiers à son poste devrait lui offrir une excuse toute trouvée pour son absence de sorties diurnes.

J’apprécie ce conseil à sa juste valeurs régente, mais le deuil de ma ville natale est encore très présent dans mon coeur, pour l’instant je préférerais ne me soucier que de l’académie si vous y consentez.



Interrompu dans une tirade qu’elle ne comptait pas faire durer bien plus longtemps, elle accueillit le sourire du serviteur avec une amabilité mêlée de distance, souhaitant coller à son personnage au mieux pour l’instant. De la suite elle ne doutait guère et aurait pu parier avec raison qu’elle se conteterait d’un au revoir définitif bien que courtois de la régente. La mesure qu’elle avait adopté quand a l’utilisation de son pouvoir et l’esprit décidément plus fort qu’on ne pourrait s’y attendre d’un individu si ancré dans le „bien“ d’Astoria n’ayant pas permis de la faire sortir de son rôle de circonstance.

Je vous remercie pour votre temps directrice. Et si vous vous trouvez à mon écoute, sachez que si d’aventure vous deviez avoir besoin de mon expertise ou de l’oreille d’une amie, ma porte vous sera toujours ouverte, que cela soit au zénith comme au plus sombre de la nuit…



S’excusant finalement d’une révérence protocolaire, elle laissa Astoria prendre conscience de ses derniers avant de quitter la pièce, accompagnant le serviteur au sourire tout en se promettant qu’elle lui ferait un jour payer ses coup d’oeils sur elle au litre…

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