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Entrevue au sommet [Wilhelmine]

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Astoria Lane
Ex-régente de Targatt - Mage 1er ordre
Age du personnage : 34
Race : Humaine
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Dim 10 Juin - 16:29
Quelques heures plus tôt, Astoria avait quitté en catastrophe le palais en flammes, l'abandonnant à Drake Leckard qui l'en avait délogée sans vraiment avoir à se fouler il fallait l'avouer. Embarquée contre son gré par sa propre garde, elle avait chevauché le reste de la nuit, encadrée par plusieurs de ses chevaliers et paladins. Elle n'était pas idiote et comprenait qu'ils avaient été placés de la sorte autant pour la protéger d'une éventuelle embuscade que pour l'empêcher de faire bande à part en abandonnant là ses troupes pour retourner combattre. Non.. pour combattre enfin. Puisque son état-major avait semble-t-il préféré faire ses plans de son côté sans juger utile de l'en informer si bien que son autorité avait été sapée en profondeur. Si elle pouvait concevoir que l'on puisse de temps en temps se passer de l'avis d'un supérieur, elle ne pouvait pas pardonner l'ampleur d'une telle traitrise. En plus de la confiner ils l'avaient ridiculisée devant leurs hommes et plus encore, devant Drake qui ne s'était pas privé d'en rire à gorge déployée tant c'était risible. Et elle partageait son avis.

Elle conservait dans l'idée qu'abandonner le palais tel qu'ils l'avaient fait était la pire de leurs idées. Quant aux méthodes pour ce faire... Ils mériteraient tous la cours martiale. Toutefois, Astoria était une femme digne, courtoise, patiente. Malheureusement, elle détestait que l'on se joue d'elle et encore plus d'être un simple pantin. Et il était évident pour tout le monde que c'était ce qu'elle était devenue grâce aux "plans" de son État-major.

Tendit qu'ils chevauchaient, le convoi quitta la ville et s'en éloigna de plus en plus, jusqu'à arriver au petit jour dans une ferme située sur un interfleuve qui découpait le paysage. Si l'image était splendide, de par les rayons du soleil qui caressaient les formes bien dessinées de la plaine et irisait l'eau du fleuve; Astoria fut incapable de s'en éblouir. Renfrognée, elle avait tenté d'ouvrir un dialogue avec les hommes qui l'encadraient, en vain ce qui n'avait fait qu'accroitre son malaise et sa rancœur.

A peine arrivés, les hommes s'occupèrent brièvement des chevaux pour leur permettre de se reposer mais sans les desseller pour autant tendit que les autres commençaient déjà à monter un camp. Astoria descendit de sa monture et entra dans la ferme où elle fut accueillie par des personnes d'un certain âge et avec un fort accent qu'elle aurai reconnu entre mille. Elle les remercia de leur hospitalité et s'enquit de leurs conditions de vie. Elle apprit donc dans la foulée que ça ne faisait que quelques semaines, ou mois tout au plus, que Wilhelmine les avait déplacés ici.

Voilà qui répondait à plusieurs de ses questions. Déjà, Wilhelmine comme elle s'en était bien doutée, avait bien pris une part active dans cette opération qu'elle co-commandait si ce n'était pas elle la donneuse d'ordres. Et pour ajouter à sa folie, le fait que ses parents aient été déplacés depuis un certain temps prouvait qu'elle avait trouvé le temps pour eux mais pas pour parler de cette vaste blague à sa supérieure hiérarchique, à savoir Astoria elle-même.
Consciente que ses parents étaient étrangers à la supercherie de leur fille, elle les remercia et sortie des lieux, refusant de s'imposer malgré leur demande à ce qu'elle s'installe avec eux pour être "plus à l'aise".

Seule la garde prétorienne restait à ses alentours directs. Elle envoya un homme chercher Wilhelmine. Il ne revint que bien plus tard et seul. Le message était clair.
Astoria, troqua son armure lourde pour une plus légère. Un de ses hommes lui fit bien la remarque qu'elle ne risquait plus rien pour le moment. Ce à quoi elle répondit sèchement qu'après les évènements de la nuit il était évident qu'elle ne pouvait faire confiance à personne.

Entourée de sa garde, elle franchit le camp et aperçut Wilhelmine plus loin. Il était plus que temps d'en finir avec cette traitrise.

"Dame Schlacht !"

Quelques têtes se tournèrent vers elle mais la majorité continuèrent leur tâche tendit qu'elle se plaçait face à elle, n'hésitant pas à l'interrompre, quoi qu'elle fasse. Si d'autres gradés étaient présents, elle leur fit signe de rester.

"Il est plus que temps que vous me mettiez dans la confidence et que vous cessiez de me prendre pour un pion que vous déplacez à votre gré."

Le regard bleu d'Astoria était glacial. Quand au ton sur lequel elle s'adressait à sa capitaine, personne n'aurait pu imaginer qu'elle soit capable d'en employer un aussi dur, froid et tranchant. Pour autant, le ton restait calme et il était clair qu'elle n'était pas gouvernée par ses émotions. Elle voulait des explications, connaitre les raisons de telles erreurs, de tels manquements, et connaitre la suite prévue. Évidemment, elle aurait son mot à dire sur ces questions et prendraient des mesures pour punir ces écarts et l'égarement de ceux qui avaient pondu un plan aussi décevant.
Elle était décidée à reprendre les rênes. Elle ne comptait pas le faire à tort et à travers pour autant mais saurait prendre les mesures qui s'imposeraient pour rétablir un semblant d'ordre, quitte à rompre leur unité déjà branlante.

Toisant de son regard dur Dame Schlacht, elle attendait des réponses claires et des informations clés. Magnanime, Astoria lui laissait une dernière chance de s'expliquer pour ne pas réduire à néant leurs efforts.
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Wilhelmine Schlacht
Ex-capitaine de la Garde Royale - Mage 2e ordre
Age du personnage : 30 ans
Race : HUMAIN
Pouvoirs : Leichtigkeit (Aisance) - Régénération
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Lun 11 Juin - 18:47
Nous y étions enfin, l’achèvement de l’Opération Sichern. Alors que tout le convoi avait quitté la ville et chevauchait à toute allure sur les routes de la vallée d’Helmancourt, camouflé par la nuit et le son du vent, les premières nouvelles en provenance des autres membres de mon Etat-Major me parvenaient à mesure que je remontais la colonne. En tout, l’opération avait couté la vie à soixante-deux gardes et les médecins des différentes unités comptaient au maximum une vingtaine de blessés plus ou moins grave. Le bilan était celui que j’espérais car je m’attendais à une attaque de grande ampleur, s’en prenant à l’intégralité des ouvertures possibles du Palais d’Opale. Là, la majorité des morts étaient du fait de l’action de Drake et le souhait de Sa Majesté la Régente de lui opposer une résistance fut ce qui nous couta le plus d’homme. Je me disais alors que je passais rapidement à côté de Sa Majesté Astoria et des Dragons chargés de l’encadrer que mon Etat-Major et moi avions bien fait de la garder loin de cette affaire.

Combien d’hommes son orgueil et son manque de discernement militaire nous auraient couté ? Elle est un Paladin couplé à un politique. La guerre n’est en aucun cas son corps de métier et dans leur idéal, à eux qui ne croient qu’en la victoire du bien et du sacrifice personnel en vue d’écraser le mal, jamais, jamais ils, surtout elle, n’ont jamais envisagé quel serait le prix terrible à payer par une guerre ouverte débutant par un affrontement frontal contre un ennemi inconnu dans ses moyens, son nombre et sa hiérarchie. Ils n’ont jamais, et la politique laxiste de son gouvernement en matière d’espionnage et de contre-espionnage ne peut que le confirmer, envisager de mener une guerre en réalité. Non, elle a pensé en Paladin ; elle a pensé qu’une bataille, unique et terrible résoudrait le problème qu’est désormais Drake Leckard et l’ensemble de son intelligentsia. Elle a pensé qu’avec une convergence de toutes les forces qui se trouvaient  - et se trouvent encore fort heureusement pour la plupart d’entre elle - à notre disposition, nous pourrions lutter face à la menace fantôme qui se dressait dans l’ombre. Voilà bien une des multiples preuves qu’elle n’a aucune expertise dans la matière militaire et qu’elle n’a jamais envisager de faire confiance à ceux qui auraient pu tenter de véritablement résister. Non, elle est l’artisane de la faiblesse de la Garde Royale en voulant privilégier le Protectorat et laisser dans l’ignorance aussi bien son cabinet que sa propre Garde Royale.

Mais il fallait être stupide pour ne pas se douter de la suite. Même si Sichern était une réussite complète comme me le confirmait l’apparition de l’interfluve et de la ferme qu’occupaient mes parents, Sa Majesté n’allait pas rester ainsi et accepter cette nouvelle situation. Un souverain intelligent et rompu aux aléas de la guerre aurait certainement compris et aurait à partir de maintenant coopéré avec son Etat-Major. A n’en pas douter un instant, Sa Majesté n’aurait pas la bonne idée de le faire et mue par ses idéaux complétements dépassés par la nature de la guerre, à tout instant elle pourrait tout faire capoter. Ou plutôt, elle pourrait rompre le cou à une institution qui aujourd’hui fonctionne. Il fallait donc gagner du temps. En gagner un maximum pour permettre non pas de l’effacer, mais obtenir un contrôle indirect sur sa position et sans pour autant la munir de chaîne, être capable de l’empêcher d’interférer dans le déroulement de la guerre. Il y avait de nombreux travaux dans les coffres des archives sauvés du Palais d’Opale pour complétement réformé l’administration de Targatt et si j’obtenais assez de temps pour lui présenter un nouveau plan complet et clair, je pourrai obtenir ce que je voulais tout en lui livrant la victoire finale qu’elle souhaite. Toutefois, pour cela il fallait du temps.

Aussi devais-je me prévenir de tout contact avec Sa Majesté la Régente. Le moindre échange lui donnerait les moyens de me prendre de court et par là même mettre un terme à des mois de travails aussi bien pour la mise au point de Sichern que des grandes réformes qui étaient permises par l’institution prochaine de ce qui devait être un gouvernement provisoire. Ma première tâche fut de faire guider Sa Majesté dans la ferme où mes parents pourraient prendre soin d’elle, lui montrer ses « appartements » et par là même la retenir un peu de temps. Je n’avais pas l’intention, ni moi ni le reste de l’Etat-Major, de rester dans la ferme qui devait recevoir tout ce que nous avions pu sauver du Palais d’Opale. Nous devions occuper une extrémité de l’interfluve avec nos tentes de campagnes qui commençaient déjà à se faire monter par les hommes du ravitaillement et dans lesquelles se faisaient porter les documents de l’Etat-Major ainsi que tous les travaux réalisés de référencement et de recherches faits depuis des mois. Il ne fallut pas beaucoup de temps avant que l’Etat-Major et moi-même prenions place dans la tente principale afin de commencer dès cet instant à préparer la suite des événements. Drake n’attendrait pas plusieurs jours pour faire une déclaration déclarant l’ensemble des membres de la Garde Royale, son Etat-Major, la Régente et toutes ses partisans persona non grata et envisager une condamnation à mort par contumace. Nous devions donc nous aussi agir afin de commencer un recrutement auprès des personnes refusant l’hégémonie des Leckards et débuter le redéploiement de nos hommes aux les points stratégiques de la Vallée d’Helmancourt.

C’est alors que je déroulais une grande carte de la vallée et que le commandant Africanus commençait à y placer les repères signalisant les principaux ponts, carrefours, routes, chemins et voies commerciales aboutissants à la cité que l’officier de liaison de la Garde Prétorienne entra dans la tente et d’une voie franche et autoritaire me demanda de le suivre à la demande de Sa Majesté la Régente. Elle n’avait pas perdu de temps et moi j’avais bien l’intention d’en gagner c’est pourquoi l’officier de liaison resta sans réponse de ma part. Les minutes passèrent et malgré les multiples demandes de plus en plus insistantes de sa part, je me refusais à lui répondre. J’attendais simplement qu’il frôle l’insubordination pour pouvoir le congédier et ainsi éviter qu’il ne revienne trop vite car une fois aux côté de Sa Majesté la Régente, si celle-ci le renvoyait, il devrait prendre son courage à deux mains pour se représenter dans cette tente sans risquer de se faire limoger. C’est à l’instant où il leva la voix que le commandant Villiers intervint et ordonna à l’officier de liaison de quitter la tente et de n’y pénétrer sous aucun prétexte. Je pris la parole dès que l’officier de liaison s’éloigna.

« A n’en pas douter Sa Majesté la Régente va bientôt arriver ici. Je vous conseille de quitter cette tente immédiatement et de rester avec les membres de la Garde. Dites-leur de se concentrer sur la partie du camp à l’opposée d’ici. Je n’ai guère envie que les hommes soient témoins d’une quelconque affaire d’Etat. Par contre, si vous pouvez faire appeler le reste du 1er Jäger et du 2nd Jäger afin d’assurer la sécurité de cette tente, je vous serai reconnaissante… »

Il se passa quelques minutes avant que les pas lourds de la Garde Prétorienne se fassent entendre et se rapprochaient de plus en plus de la tente principale de l’Etat-Major depuis l’entrée de laquelle on pouvait me voir donnant le dos à l’extérieur et penchée sur le table en train d’étudier la carte de la Vallée. La voix d’Astoria perçant l’air m’indiquait qu’elle était venue avec sa Garde. Le bras de fer venait donc de commencer et pour s’assurer que ce serait un un-contre-un, dès que Sa Majesté la Régente passa l’entrée de la tente pour se placer face à moi de l’autre côté de la table à carte, les hommes du premier et du second Jäger condamnèrent l’entrée de la tente aux hommes de la Garde Prétorienne. C’était une convention et surtout une mesure de précaution datant du précédent chef de la Garde Royale : pas de soldats dans les tentes occupés par l’Etat-Major.

Au premier coup asséné par Astoria qu’elle accompagna d’un de ces regards qu’elle pratiquait peu mais semblait de toute évidence maîtriser, je ne bougeais même pas, gardant mes mains et mes yeux sur la carte.

« Je ne connais qu’une seule Dame Schalcht ici et elle est dans la ferme qui se trouve derrière moi. Pour ma part, si je me souviens bien, je crois que même vous, vous saviez que je suis capitaine Schlacht… du moins pour le moment. »

Le premier projectile venait maintenant d’être lancé.

« Mais quant à votre demande, je peux y donner suite… »

Je levais les yeux vers Astoria et si elle me fixait avec un regard dure et déterminé, elle ne trouverait en face d’elle qu’un regard froid, posé et révélant un grand calme malgré l’évidente tension qui s’accumulait dans la tente de l’Etat-Major.

« Vous venez, non pas en tant que pion mais en tant qu’élément central, de participer à l’Opération Sichern. Une opération établie depuis maintenant trois mois et faîte pour permettre de démarrer une guerre ouverte à l’encontre d’un potentiel usurpateur du Trône d’Opale dans les meilleures conditions et en assurant la survie de l’Etat dont vous êtes l’incarnation.

Cette opération ne vient pas de nulle part. Elle est la résultante de la diminution des moyens alloués la Garde Royale pour assurer la sécurité de l’Etat et le manque d’informations à la disposition de l’Etat-Major quant aux moyens et aux forces d’un potentiel ennemi. Malgré les efforts déployés par le réseau d’espionnage de l’Etat-Major, le réseau de la Régence reste bien plus complet et à défaut d’obtenir auprès de lui des informations plus probantes que celle qui étaient déjà à notre disposition, je devais aviser. C’est donc ainsi qu’a été mis en place l’Opération Sichern et pour laquelle nous avons obtenu la garde de la salle des archives et de la salle des coffres. Ceci nous permet aujourd’hui d’avoir à notre disposition, une confirmation des hommes du ravitaillement devrait incessamment nous parvenir, assez d’or, d’argent et de cuivre pour mener une campagne d’au moins un an et ce avec un effectif dépassant les huit cent hommes tandis que les archives nous confie un avantage stratégique sur Drake Leckard en ce que nous sommes désormais les seuls à disposer d’une cartographie à peu près complète des réseaux de souterrains de la ville, des rues et évidemment de toutes les procédures pouvant servir à l’effort de guerre à venir.

Quant au choix de quitter la cité pour gagner la campagne, c’est un choix stratégique car d’une par Targatt ne se limite pas simplement à son espace citadin d’à peine dix kilomètres par dix kilomètres comparée à la centaine de kilomètre que peut faire à certain endroit la Vallée d’Helmancourt qu’elle contrôle et d’autre part, parce qu’une telle situation nous offre un contrôle total sur toutes les voies d’approvisionnement de la cité et ainsi nous offre la possibilité, le temps de réorganiser nos forces et reconstituer les unités détruites, d’affaiblir le potentiel magique de Targatt en réduisant à zéro les importations de produits magiques. Enfin, Drake Leckard n’est pas fou. Même s’il déployait plus de mille homme dans la vallée, ce qu’il serait incapable de constituer à moins d’enrôler les vieillards vivants de le cercle, il sera incapable de nous saisir et chacune de ses patrouilles sera une proie facile pour nos hommes. Encore plus si comme nous le prévoyons, nous réduisons drastiquement le nombre de voie de communication vers la cité en détruisant les ouvrages d’art traversant le fleuve. »


Pendant tout l’exposé, je me défie du regard d’Astoria et déplaçait minutieusement toutes les pièces en fonction de mes mots, jouant rien que pour Sa Majesté la Régente une pièce que seul les membres de l’Etat-Major connaissaient d’avance.
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Astoria Lane
Ex-régente de Targatt - Mage 1er ordre
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Dim 17 Juin - 18:14
L'ex-régente aurait amplement préféré pouvoir lui parler devant les hommes et les différentes compagnies mais de toute évidence, c'était un luxe que Wilhelmine lui retirait une fois de plus, tout comme l'appui de sa garde prétorienne. Non, décidément, les manières comme les méthodes de sa capitaine lui plaisaient de moins en moins. Après tout, on disait que c'était en période de conflit que l'on voyait de quoi était capable son entourage. Et Astoria était déçue de ce qu'elle avait vu chez elle, sans parler de ce qu'elle avait fait, et pas fait.

La paladine aimait encore moins constater qu'elle avait déjà fait appel au premier et second Jäger pour assurer la "sécurité". Elle n'était pas dupe. Wilhelmine ne les avait pas placé là pour assurer la sécurité de la régente mais bel et bien la sienne contre la régente. La scission était donc bel et bien faite dans la tête de celle-ci. Ca en disait long sur ses réelles motivations.
Forcée si elle voulait parler au capitaine Schlacht d'entrer dans la tente, Astoria échangea un regard entendu avec ses deux plus proches lieutenants qui donnèrent l'ordre de se mettre en formation. La régente établit un lien télépathique avec ses deux lieutenants et pénétra dans la tente, fondant sur sa capitaine dans la but évident d'avoir un explication.

A la réplique de cette dernière Astoria la fusilla du regard.

"C'était en prévision de votre future condition. Un mari vous siérait visiblement mieux qu'un plan de bataille."

Si d'habitude elle mettait un point d'honneur à être conciliante, bienveillante et relativement patiente, elle avait visiblement épuisé ses réserves. La colère grondait mais elle était tout simplement glaciale et elle n'avait pus aucune envie de trouver des excuses à son comportement et ses choix très discutables.
Et puisqu'elle n'était même pas assez importante à ses yeux pour qu'elle digne les poser sur elle, même par politesse, Astoria y mit le feu. Pas un feu classique, un feu divin, les flammes dorées brulaient tout autant, quoi que les êtres mauvais subissaient bien plus de dégâts. En un instant la carte comme les pions furent calcinés. Elle daigna enfin lever les yeux vers elle quoi qu'après avoir mentionné ne pas accéder à sa requête.

"Je ne suis pas venue vous demandez une faveur mais un ordre. J'attends de vous que vous y obéissiez. Et sans réplique. Vous avez récemment perdu ce droit."

Astoria avait toléré pas mal de débordements de la part de sa cadette si l'on pouvait dire, trop sans aucun doute. Elle s'en rendait clairement compte à présent et il lui était très pénible d'admettre que Drake avait eu raison, au moins la concernant. Et elle comptait bien sur mettre les choses au clair, au risque de faire exploser les forces en présence et d'accentuer le fossés que les séparaient déjà.

Finalement, Wilhelmine avait reprit la parole et entreprit de lui expliquer d'un ton qu'elle trouvait par trop hautain cette opération "Sichern". Elle croyait réellement à ce qu'elle était en train de dire là ? C'était incroyablement naïf de sa part et stupide.

"Peut-être avez-vous des difficultés à comprendre. Vous êtes jeune, il est normal que vous ayez peu de recul. Je vais donc m'expliquer plus longuement."

Elle n'avait pas envie de tergiverser des heures pour savoir qui avait raison ou tort. Le fait est que cette opération avait eu lieu, loin de son consentement. C'était une faute grave. En fait...

"Cette opération aurait du m'être présentée et avoir été approuvée par mes soins avant toute chose. Compte tenu de son ampleur vous vous êtes rendue coupable de trahison. Vous avez détourné les fonds de l'Etat et donner des ordres contradictoires qui n'ont fait que saper mon autorité semaines après semaines."

Oui, elle s'en était rendue compte quoi que, concentrée sur la chasse au démon Cain qui avait fait de nombreux ravages, elle avait bêtement pensé que ce n'était rien d'autres que de micros dysfonctionnements.

"Vous n'avez rien sauvé du tout. Drake est au pouvoir. Vous ne semblez pas comprendre ce que ça signifie. Il a la maîtrise de toute la magie de la cité et il a à disposition l'énergie vitale de toutes les créatures qui s'y trouvent en cas de besoin et les pouvoirs magiques inhérents à sa nouvelle fonction. Le trône n'est pas qu'une simple représentation du pouvoir. Il est un instrument de pouvoir, un artéfact unique. Je vous aurai volontiers mis dans la confidence de ce secret transmis simplement de Régent à Régent si seulement vous aviez pris la peine de m'inclure. Vous avez commis de graves erreurs avec cette opération."

Le ton toujours glacial, il était pourtant évident qu'elle était déçue d'en arriver là. Le secret qu'elle lui révélait n'étaient connus que de ceux que le "trône" acceptait. Des personnes fortes. Astoria avait été choisie quelques années auparavant.

"Le Trône a considéré que j'avais abandonné le palais et mon peuple et c'est effectivement le cas, grâce à votre intervention. Drake n'a eut qu'à s'asseoir dessus pour gagner en possibilités et je ne parle même pas des mesures qu'il doit être en train de prendre. Vous semblez fière de vous et de votre... butin."

Elle grimaça. C'était bel et bien le mot. Ils avaient fuis tels de vulgaires hors la loi, sans combattre et en emportant ce qui avait de la valeur.

"Ce que vous avez pris des archives, Drake n'en a pas besoin. Les Leckard ont leur propre système de renseignement, certes, moins complet, mais suffisant apparemment, et il a été conseiller si longtemps qu'il est presque l'auteur d'un bon tiers de ce les archives contiennent, pour les documents datant des 30 dernières années du moins."

La Régente ne lâchait pas des yeux Wilhelmine. Il était important qu'elle comprenne que ce n'était pas simplement une question d'autorité mais qu'elle avait réellement mal joué sur ce coup là. Il y avait nombre d'éléments qu'elle n'avait pas pris en compte faute de l'avoir exclue totalement de l'équation. Ils étaient à Targatt, pas dans une petite cité dénuée de magie et quelconque, et certainement pas dans son pays d'origine. La cité n'était pas devenue une des plus grandes cité-mages de ce plan sans raison. Le trône en état une. L'académie, une autre.

"Quand à l'argent... Il est bien trop intelligent pour ne pas trouver comment palier ce... contretemps. Car ce n'est que cela. Un contretemps."

Dans l'esprit d'Astoria, c'était une défaite, et peut-être même la fin de la guerre. Ils avaient peu de chances de l'emporter même en agissant comme il le fallait. C'est à dire, pas comme le ferait Wilhelmine.

"Quand au fait de couper l'approvisionnement de la cité. C'est le choix d'un lâche. Vous osez dire que vous défendez la cité et que vous faites le meilleur choix alors que vous préférez sacrifier ses habitants en risquant qu'ils meurent de faim. C'est inadmissible. Et je vous laisse remarquer que Drake à attaquer le palais seul alors qu'il était assuré de se retrouver face à une farouche défense. Du moins ça aurait du être le cas. Qu'en déduisez-vous sur ses pouvoirs et sa maitrise de la magie ?"


Elle lui laissa une seconde en haussant les sourcils d'un air éminemment sarcastique. Ce n'était pas dans ses habitudes mais puisque l'heure était à faire table rase, autant lui faire comprendre l'ampleur des dégâts qu'elle avait causé. Astoria continuait pourtant de croire qu'elle aurait eu une chance. Si elle avait pu faire sauter le sort qui dissimulait sa malveillance, elle l'aurait eu en un sortilège. Mais plutôt que de défendre le trône, défendre la cité et les habitants contre un règne tyrannique, car ce serait forcément le cas avec Drake à sa tête, Wilhelmine les avait tous forcés à fuir.

"Vous pouvez toujours tenter de couper l'approvisionnement fluvial, il y a d'autres moyens de parer à un problème ni négligeable. Les cercles de téléportation par exemple pour ne citer que la chose la plus évidente. A moins que vous ayez des capacités telles que vous seriez à même de couper de magie une cité entière, auquel cas je vous cède ma place sur le champ, je vous déconseille de continuer à penser, vu les erreurs que vous commettez durant une telle activité."

La régente plissa les yeux. Non contente de se faire expliquer la vie par sa capitaine, cette dernière était si persuadée de sa supériorité que même Astoria l'aurait volontiers giflé si elle avait eu l'assurance que ce geste lui aurait remis les idées en place.

"Si vos petites manigances réussissaient et faisaient leur effet dans vos contrées, peut-être feriez-vous mieux de prendre votre solde et de repartir avec vos parents, adorables qui plus est."

Astoria n'était pas du genre à attaquer gratuitement, et encore moins quelqu'un sous ses ordres. La preuve étant avec Drake qu'elle aurait du stopper bien plus tôt. Une autre étant la situation dans laquelle ils se retrouvaient tous car elle n'avait visiblement su asseoir son autorité plus que cela. Elle avait toujours détester s'imposer et ordonner. Mais si au moins l'opération Sichern avait un point positif, c'est qu'elle venait de comprendre l'importance de le faire.

"Je vous ai laissé bien trop de liberté, vous ai fait confiance, visiblement à mauvais escient"

Elle marqua une courte pause, soupirant longuement. Pendant une seconde un éclat de tristesse et de déception étaient passés dans son regard, mais ils disparurent l'instant suivant, la dureté reprenant ses droits.

"Nous n'avons pas le temps de constituer une cours martiale. A compter de ce jour, je vous démets de vos fonctions. Je vous laisse toutefois le choix suivant : rentrez dans le rang en tant que simple soldat ou prenez votre solde pour une année et quittez Targatt et ses contrées. Si vous refusez ces options vous serez mise aux arrêts."

Il était évident qu'Astoria préférait, qu'elle espérait même que Wilhelmine aurait assez de courage pour admettre ses erreurs et accepterait de rester en tant que soldat. Elle avait des compétences intéressantes et serait utilisée à bon escient, même si dépourvue d'autorité. Il allait de soi que si elle donnait le moindre ordre après cela, elle serait immédiatement mise aux arrêts. En espérant en tout cas que personne ne s'interposerait.
Quoi qu'il en soit, Astoria lui laissait un choix plus que généreux.
Mentalement, elle demanda à ses paladins de se tenir prêts à intervenir.
Si Wilhelmine jugeait réellement la cause de l'Etat supérieure, elle se laisserait rétrograder. Du moins c'était ainsi qu'Astoria percevait la chose. Si c'était son égo qui dominait, ce qui avait malheureusement l'air d'être le cas vu la manière dont elle l'avait sans cesse prise de haut, il se pourrait bien que la situation allai dégénérer. Pour autant, cette perspective ne ferait pas reculer la Régente. Ou plutôt l'ex-régente, grâce aux bons soins de son ex-capitaine. Mais cette mesure était également nécessaire pour restaurer l'autorité d'Astoria au sein de ses troupes.
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Wilhelmine Schlacht
Ex-capitaine de la Garde Royale - Mage 2e ordre
Age du personnage : 30 ans
Race : HUMAIN
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Dim 17 Juin - 22:29
Le son des lourdes armures de la Garde Prétorienne se faisait entendre à l’extérieur de la tente de l’Etat-Major alors qu’Astoria y entrait. De toute évidence elle n’avait pas apprécié que je puisse moi aussi mettre pour ma sécurité assez d’homme. Même si j’étais à son service, je restais Capitaine de la Garde Royale et je n’avais pas l’intention de me laisser sans défense aussi bien contre un ennemi du dehors qu’un ennemi au sein de notre faction. Nous étions donc bel et bien à couteaux tirés et cette attitude aussi bien de sa part que de la mienne ne pouvait conduire qu’à une scission.

Cette tension et divergence prit forme lorsque Sa Majesté la Régente décida, surement prise d’une colère sans nom, de mettre le feu à l’immense carte de la région sous le contrôle de Targatt, je compris bel et bien que mon temps à la tête de la Garde Royale était révolu. Soit. Elle avait décidé de mettre un terme à mon commandement. Surement avait-elle assez d’arguments pour le justifier et de sa position avait assez d’éléments pour mettre en berne un plan comme Sichern. Je n’en doutais pas. Ce dont j’étais moins sûr, c’est qu’elle ait compris que tous ses arguments, avancés avec plus ou moins de sarcasme, de conviction et de colère, n’auraient aucuns échos en moi. La différence restait toujours la même : elle voulait une bataille unique pour vaincre Drake, même seul. Nous n’en avions pas les moyens un point c’est tout. Voulait-elle à ce point risquer de perdre les seules forces à la disposition de la Garde sans même savoir ce qui pouvait nous attaquer juste après notre éventuelle victoire contre Drake ? Cette vision des choses, cette vision qui ne portait qu’au sacrifice des hommes sans réflexion derrière la disqualifiait définitivement pour la conduite de la guerre et de ce qui restait de la Cité.

Après avoir épousseté la table à carte, sans même avoir sourciller devant le feu, et déplié une nouvelle carte, j’écoutais attentivement la réponse de celle qui n’avait en fait plus aucune raison de se tenir en face de moi. Même si chacune des informations qu’elle donnait été on ne peut plus précieuses et fixées dès à présent les prochaines opérations au sein de la cité, je n’avais plus de raisons de véritablement tenir compte de ses propos quant à la direction des opérations. Bien sûr qu’il y avait de nombreux moyens de palier à une guerre d’usure. Cependant pensait-elle vraiment que des cercles de téléportations aussi nombreux soient ils permettraient de maintenir les stocks de denrée magiques à leur niveau plus de deux mois ? Pensait-elle aussi que malgré sa toute-puissance grâce à Trône, Drake pourrait en faire usage de façon omnisciente ? Non et c’était bien là le principe d’une guerre d’usure. Targatt était devenue une grande cité magique d’une part parce qu’elle concentre en son sein de nombreux artefacts, parfois perdus, mais aussi parce qu’elle est à l’origine de nombreux échanges avec l’extérieur de produits magiques divers et variés. Coupée la de ses approvisionnement et de ses exportations de produits magiques et petit à petit le potentiel magique de la cité se limitera à celui des artefacts et des combattants disposant de la magie et alors, le combat serait bien plus égal. Surtout quand tous ces éléments se trouvaient dans un point précis et pouvait être neutralisé d’un seul coup.

Même si Astoria voulait certainement que je lui accorde un tant soit peu d’attention, à l’instant où elle préféra brûler ma carte et multiplier les attaques ad hominem, je ne lui fis aucunement ce plaisir. Non, j’écoutais tout son discours accusateur et cherchant à discréditer ma direction des opérations tout en replaçant sur la carte les pions et les petits repères que son énervement et son manque de pouvoir de commandement avait tout préféré calciner. La colère et la rage qui bouillonnait en elle et qu’elle parvenait dieu ne sait comment à cacher se trouvait face à un calme et une maîtrise totale. La situation tournait, sans qu’elle le sache, de plus en plus à mon avantage et à l’instant où elle me défit de mes fonctions en me proposant le choix de soit entré dans la troupe sans grade soit partir en exil, un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Il était tant pour moi de passer le Rubicon.

« Ma Dame Astoria Lane, première du nom et Régente de la Cité de Targatt, en raison de votre comportement allant à l’encontre du maintien de la lutte, de votre manque de discernement quant à la tenue de l’ordre au sein de la cité, de vos défaillances successives à la tête de l’État et de votre incompétence quant à la tenue de la guerre je me vois dans l’obligation, et ce à contre cœur, de vous demander votre abdication immédiate afin de permettre aux autorités compétentes d’assurer vos fonctions jusqu’à ce qu’un remplaçant vous soit trouvé. En tant que dépositaire de l’autorité en l’absence du commandant du Protectorat Alrost, votre abdication entraînera votre réaffectation à vos rangs et grades précédent votre arrivée sur le Trône de Targatt et en conséquence vous recevrez les traitements associés. Cette demande est à effet immédiat et dans votre intérêt et celui de vos hommes, je vous demande d’y répondre favorablement sinon vous me verrez obligée, dans l’intérêt supérieur de l’Etat, de prendre les mesures qui s’imposent… »

En un instant, mon regard calme se transforma en un regard ferme et dur. Maintenant que je ne pouvais plus faire machine arrière, je me devais d’incarner le régime qui devait officiellement prendre le relais de celui dont la mollesse nous avait porté ici. Au même moment, il y eut de l’agitation à l’extérieur. Si les membres de mon Etat-Major étaient allés voir le reste de la troupe en train de monter les camps, c’était surtout pour les remettre sur le pied de guerre et ainsi les préparer à cet éventuel putsch. Maintenant qu’il était efficient, les Dragons s’étaient adjoint aux deux brigades de Jägers pour tenir en respect la Garde Prétorienne. L’ordre du commandant Africanus donné à la Garde Prétorienne de déposer les armes raisonnait comme un ultimatum supplémentaire à l’attention d’Astoria tandis qu’un officier de liaison entrait et me donnait un rouleau et un billet. Le rouleau était un protocole d’urgence qui devait initialement permettre de préserver l’intégrité de l’Etat en cas d’excès de la Régente afin de confier le pouvoir au Conseil. Fort heureusement il était aujourd’hui utile même si l’étape visant à remettre le pouvoir au Conseil n’avait plus raison d’être. Quant au billet, il s’agissait du message de quelques administrateurs de la Cité ayant accepté de suivre la retraite de la Garde Royale et qui renouvelaient en ce moment décisif leur soutien à la continuation de la lutte par les moyens que j’avais établis. Le dernier mouvement de troupe venant resserré l’étau autour de la tente de l’Etat-Major fut l’encerclement de celle-ci par la 3ème Phalange.
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Alrost
Ex-capitaine du Protectorat - Archimage
Age du personnage : 636
Race : Hybride
Pouvoirs : Téléportation, télékinésie, feu noir et forme démon
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Hier à 8:13
L'hybride avait eu une conversation avec Garret la veille. Celui avait exprimé son souhait de l'accompagner au camp des forces de Targatt et d'y rester. Mais pour cela fallait-il encore qu'il y est l'autorisation.

En tout cas, après une ballade bien matinale au coeur de la ville sans masquer sa présence. Pour réellement tester la température, il compris bien vite qu'il figurait déjà sur les avis de recherche. Soit. Il fit en sorte de communiquer avec les protecteurs avec qui il avait parler la veille. Ils n'avait pas vraiment eu le temps de grand chose mais étaient visiblement toujours partant pour identifier qui serait toujours pour la régente ou pas. Dans le but de monté une action bien sûr.

Il ne resta pas longtemps en ville, esquiva quelques gardes et au gré de sa marche ne se privait pas d'arracher les quelques avis de recherche qu'il trouvait concernant les corps du régime en fuite. Tss...La fuite n'était vraiment pas son genre. Que leur t-il donc pris...

Après cette courte et peu réjouissante ballade, Al se téléporta de nouveau dans la cavité qu'il avait faite et une fois que ce dernier fut prêt à partir, il les téléporta tous les deux à la surface. Non sans avoir créer un élémentaire d'air afin de régénérer l'air autant que nécessaire. Plus tard dans la journée, il reviendrait cherché Cain.

Après une ou deux heures de marche dans la vallée il finit par trouvé la planque de la garde royale. La barrière magique devait être prévue pour lui autoriser la vue et le passage. Du moins l'espérait-il autrement il parierait pas sur le succès de ce plan plus d'une journée ou deux. Il devait être autour de 11h quand il y arriva et des officiers tentèrent de l'emmener à l'infirmerie. Al n'avait pas besoin de soin. De plus, ils n'avait pas l'air naturel dans sa manière d'insister ce qui éveilla une certaine méfiance dans l'esprit du semi-diable ; qui finalement n'en était plus que le quart d'un tout au plus... Aussi ne prit-il pas l'officier en considération. Du moins pas son offre et se rendit directement, à la tente des état-major où il espérait aussi y trouver Astoria. Les regards posé sur lui étaient lourd et l'officier qui avait tenter de gagner du temps pour on ne sait quelle raison le suivait et le devança. C'était étrange...trop étrange. Mieux valait éviter que Wiil n'aprenne sa venue autrement que par lui-même. Il se téléporta directement dans la tente d'état major. Garrett avec lui.

Directement, on pouvait sentir la tension dans la pièce mais Al n'entendit que la fin de phrase de Wil : "prendre les mesures qui s'imposent". Impossible donc de comrendre vraiment les propos qu'elles tenait mais il était pourtant clair qu'elle a situation affichait une tension qui n'était pas juste celle d'une garde royale et de son dirigeant en fuite. Il y avait autre chose.

"Que se passe t-il ici!?" avait-il quasiment ordonner d'une froideur extrême. Le ton n'avait pas été sec pour autant. Mais intransigeance de sa demande transpirait par chaque cellule de son corps.
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Astoria Lane
Ex-régente de Targatt - Mage 1er ordre
Age du personnage : 34
Race : Humaine
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Hier à 16:25
Astoria fusillait littéralement Wilhelmine du regard. Pourtant c'est un instant la surprise qui le remplaça alors qu'elle tentait de lui soutirer une abdication. Dans d'autres circonstances ça aurait été avec un plaisir certain. Mais à l'heure actuelle, il était impensable d'accéder à sa requête. Pas par égo, mais tout simplement que ce serait accepter de reconnaitre des torts qu'elle n'avait pas.
Il était donc hors de question qu'elle la laisse faire impunément. Il lui était impensable et même devenu insoutenable de savoir qu'une personne aussi stupidement fière pourrait revendiquer la tête de l'Etat. Visiblement c'était son égo froissé par les critiques qu'elle venait d'essuyer qui parlait et non pas une véritable conviction. Ou bien n'avait-elle ni entendu ni compris ce qu'Astoria avait dit pour tenter de lui ouvrir les yeux.

Un sourire sardonique avait toutefois fini par se peindre sur ses lèvres tendit qu'elle secouait doucement la tête d'un côté à l'autre, signifiant tout ce qu'elle pensait de sa requête. Wilhelmine se prenait vraiment pour davantage que ce qu'elle n'était pour oser croire qu'elle pouvait lui réclamer une abdication. Seul le peuple en aurait eu le droit car c'était son bien-être à lui qui prévalait, et pas les idées farfelues et surtout sans efficacité d'une femme qui avait simplement su profiter de sa fonction et de la confiance gagnée pour la trahir ensuite. Et pour ce qu'il s'agissait du peuple il ne n'avait jamais remis en question ses décisions, hormis quand Drake avait été emprisonné...

Si Astoria se remettait naturellement assez facilement en question pour comprendre qu'elle avait manqué de poigne, surtout à l'encontre de la femme qui se tenait devant elle aujourd'hui, visiblement Wilhelmine n'était pas assez sage pour admettre ses erreurs de jugement. Quel dommage d'en être arriver là à cause d'un simple manque de communication. Car c'était un fait, si Astoria avait révélé quelques uns des secrets du royaume et si la guerrière de son côté avait tenté de parler à sa souveraine de son opération avant sa mise en place, nul doute que ça aurait pu être un franc succès. Là, ce n'était qu'une cuisante défaite qui renforçait la position de Drake et contribuait très fortement à sa popularité. Une succession d'erreurs qui leur couterait cher et plus vite que Wilhelmine voulait bien le croire.

Alors qu'elle se préparait à lâcher une autre réplique cinglante, Alrost apparut. La Régente manqua de peu de sursauter. Alors qu'il réclamait une explication, elle soupira, n'ayant que peu envie de lui résumer la situation. Le regard glacé de la jeune femme ne se posa qu'une seconde sur lui avant de revenir à Wilhelmine.

"En résumé, elle sape mon autorité, autorise une opération sans mon accord, m'empêche d'abattre Drake en me forçant à fuir, abandonnant de ce fait la cité à ce... mage et lui laissant les plein pouvoirs sur la ville comme sur un artéfact qui peut faire... de gros dégâts. De son côté elle me reproche la mésentente entre vos deux services, le manque de moyens alloués, bien qu'elle se soit servit elle-même dans les caisses pour financer son opération sans m'en avertir, détournant par là-même les fonds. Pas étonnant que la situation se soit dégradée dans les cercles."


Elle toisait la guerrière comme elle l'aurait fait d'un être vil, sournois et qu'elle enverrait volontiers à la potence. Astoria poursuivit malgré tout.

"Cette 'opération' poursuit des buts tels qu'épargner des hommes formés à combattre et si besoin, aussi malheureux soit-il, formés à mourir utilement... Et de bloquer l'importation de vivres comme d'objets magiques. Je ne pense pas avoir oublié grand chose."

Lâcha-t-elle d'un ton acerbe en fixant sévèrement son ex-capitaine.

"Je viens de la relever de ces fonctions. De son côté, elle souhaite mon abdication."

Elle avait tenté de rester à peu près neutre et factuelle. Ce n'était pas réussi à 100% mais compte tenu de la situation, personne ne pourrait lui en vouloir et elle avait selon elle, plutôt bien résumé leurs deux positions.
Astoria n'attendait pas d'Alrost qu'il prenne parti, il avait voulu un point sur la situation du camp, c'était fait.

Le corps de la jeune femme se mit à irradier tendit qu'elle se chargeait d'énergie divine. Ce n'était ni une attaque ni un coup de pression, simplement un effet dont elle ne pouvait pas se défaire lors d'une télépathie de "masse" puisqu'elle était loin d'être aussi douée que Drake dans ce domaine, elle n'était pas encore parvenus à se défaire de ces petits inconvénients. Si elle ne s'adressait qu'à une ou deux personnes ça allait, elle savait rester discrète mais quand le nombre excédait une dizaine de personnes, elle était contrainte de s'appuyer sur la magie blanche pour booster ses propres capacités pour tenir la distance.
Le lien établit ne l'était qu'auprès de ses propres paladins. Dans un premier temps. Le fait que le 1er et 2nd Jäger aient été appelés pour protéger Wilhelmine en disait assez long sur leur réelle allégeance. Aussi ne voyait-elle pas l'intérêt d'utiliser plus d'énergie pour rien.

*Paladins, mes pairs, la confiance qui me liait à Dame Schlacht est morte. Je ne puis vous demander de vous rallier à moi sans être sure que vous ayez en mains les éléments nécessaires pour juger en tout honneur et avec droiture ce qui doit être. C'est humblement que je me permets de vous transmettre mes souvenirs et pensées relatifs à l'entretien que je viens d'avoir avec Dame Schlacht.*

Sans aucun artifice, elle en était incapable, Astoria leur transmis les souvenirs mentionnés. Elle espérait mais n'avait que peu de doutes à ce sujet, que ses frères et sœurs continuaient de la suivre. Car c'était là la voie du juste, ce pourquoi ils avaient prêté serment : se refuser à nuire aux innocents pour remporter la guerre et faire ce qu'il fallait pour les libérer du joug du Mal, sous toutes ses formes.

Astoria n'abdiquerait que si elle était jugée indigne par son ordre, donc par le Paladinat. Ils étaient les seuls, selon elle, à ne pas se laisser influencer et à ne pas perdre de vue l'essentiel. Ils étaient les seuls assez nobles et justes pour émettre un avis digne de ce nom. Ce n'était pas un jugement de valeur. Elle ne doutait pas que parmi les Jäger se trouvent sans doute quelques uns tout aussi droits. La différence venait du serment magique qui était fait. Car c'était bel et bien de là qu'ils tiraient leur puissance et leur moralité. C'était ce dernier point qui lui importait et qui lui était cher. Si ils la jugeaient indignes, c'était en toute moralité et sans influence, ni de l'égo des uns ou des autres, ni par appât du gain. Quand ils tranchaient, c'était en toute équité, elle leur faisait donc confiance pour prendre la meilleure décision. Evidemment, il se pouvait qu'ils choisissent Wilhelmine. Dans ce cas, elle se plierait, quoi que de mauvaise grâce à leur jugement et abdiquerait. Mais compte tenus des arguments avancés par cette dernière comme des méthodes employées, il y avait peu de chances.

Si les paladins décidaient de continuer à suivre Astoria, ils le feraient savoir par l'épée et la bouclier. Non pas en répandant le sang -ils ne le faisaient que si c'était nécessaire- mais en tenant à distance toutes les personnes qui ne seraient pas aussi "pures", ce qui leur ouvrirait un passage vers l'endroit de leur choix à la manière d'une vive lumière qui percerait les ténèbres. Ils iraient probablement vers la tente en premier lieu afin d'extraire Astoria et éventuellement pour tenter de contraindre Wilhelmine à abandonner son petit pouvoir, mais rien n'était moins sur, puis quitteraient ces lieux et les êtres indignes qui peuplaient le camp.

Toujours dans la Lumière, Astoria crut discerner une ombre enserrer son ex capitaine de la garde royale. Elle avait senti cette chose étrange chez Wilhelmine la nuit de l'attaque. Une chose diffuse mais néfaste. Insidieuse et démoniaque. Si l'impression était similaire dans la forme en tout cas, à ce qu'elle avait senti chez les premiers infectés par la corruption, celle-ci différait par sa profondeur. Le sort semblait nettement moins agressif et pourtant vraiment plus intrusif. Était-elle sous cette influence depuis longtemps ? Il paraissait évident que c'était à cause de cela que son jugement était vicié. Toutefois, ça ne l'excusait pas. Ça ne faisait que montrer sa faiblesse, au moins de cœur.

"Encore une preuve de votre folie. Depuis quand êtes-vous infectée ?" Demanda-t-elle soudain de manière abrupte.

Certains paladins auraient forcément vus ou ressenti la noirceur qui s'insinuait chez Wilhelmine.
La lumière qui semblait irradier du corps de la Régente s'éteignit. Cela n'avait duré que quelques brèves secondes mais ça avait permis bien plus de choses que ce à quoi elle s'était elle-même attendue.

Astoria se tourna vers le semi-diable. Maintenant qu'elle était en attente d'une réponse, mais que les explications disons... principales étaient données, elle semblait s'être partiellement détendue. Après tout, peu importait ce qui serait décidé, ça ne changerait pas grand chose pour elle, personnellement parlant. Elle savait qu'elle serait jugée avec justesse et n'avait pas peur de délaisser le pouvoir qu'elle n'avait jamais aimé.

La Régente aurait toutefois apprécié de trouver un peu de réconfort chez l'hybride mais ce n'était ni le lieu ni le moment de dévoiler une faiblesse supplémentaire. Aussi préféra-t-elle simplement prendre des nouvelles qui leur serviraient à tous.

"Je suis heureuse de voir que vous allez bien, même si..."

Quelque chose avait changé chez lui. Ce qu'il dégageait était légèrement différent. C'était étrange et elle ne comprenait guère comment ni pourquoi. Au moins était-il en vie et visiblement en relative bonne santé.

"Quelles sont les nouvelles de la cité ? Et qu'en est-il du démon ?"

Elle comptait, si ce n'était pas déjà fait, commencer par supprimer l'appui du démon à Drake, voire l'utiliser contre lui. Ensuite seulement elle pourrait s'en prendre à lui directement. Wilhelmine pourrait bien faire ce qu'elle voudrait, si toutefois elle ne finissait pas entravée, peu lui importait qu'elle se serve des informations. Le Juste triomphait toujours... si il ne s'entourait pas de corrompus évidemment.
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