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La protégée et la protectrice - PV Astoria Lane

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Wilhelmine Schlacht
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Mer 29 Nov - 20:01
Voilà deux années que j’étais à mon bon poste, tranquille avec mes hommes, mes anciens camarades et bien rôdée à la tâche non négligeable de protéger le précédent monarque tout en gardant le Protectorat hors de ma juridiction. Mais depuis quelques mois, ce n’était plus une mince à faire tant ces Protecteurs pouvaient parfois jalouser leurs camarades de la Garde Royale en plus d’en vouloir les privilèges alors qu’ils n’avaient pas le même rôle. S’ils tenaient vraiment à obtenir les mêmes avantages, ils feraient en sorte de vraiment se motiver pour postuler et entrer dans la garde. Mais c’est parfois trop demander aux protecteurs j’ai l’impression.

Après, ils n’ont pas tort. Alors que nous, les Gardes Royaux nous sommes cantonnés à la Tour où réside le monarque et à ses alentours, que nous la quittons que sur demande du souverain selon ses besoins et qu’en plus de ça nous n’hésitons pas à marcher sur leurs prérogatives en raison parfois de meilleures informations qu’eux, l’avantage de côtoyer les puissants. Nous sommes donc vu comme moins méritants. Mais si mes hommes, et je ne parle même pas de moi, sommes là, c’est bien parce qu’on a durement travaillé pour y être. En somme, nous avions le même mérite, toutefois pas déployé au même moment.

C’est donc encore une affaire d’altercation entre un de mes hommes et ceux d’Alrost qui m’avait retenu dans mon bureau et je ne savais pas comment la régler. La nuit était déjà bien entamée et j’avais d’autres choses à faire ou sur lesquelles me concentrer. Depuis la multiplication de ces disparitions inexpliquées et la nomination de la nouvelle Régente, elles ne manquaient pas. Les messes basses allaient bon train, les soubresauts de complots de sentaient, les tensions grimpaient et il était de mon devoir de m’en inquiéter pour la sécurité de la Régente et surtout de Targatt. Mais au lieu de ça, il fallait aussi que je m’inquiète des tensions entre les deux principales factions la défense de la cité. Quand bien même il pourrait s’agir d’un problème aussi grave que les précédents. Pourquoi me demandais-je à moi-même en regardant une carte de la ville peinte sur le mur faisant face à mon bureau ? Parce que des étincelles à ce niveau pourraient très bien servir pour mettre le feu aux poudres. Dès lors, si j’imposais une sanction trop légère à ce garde royal, les Protecteurs monteraient au créneau et Alrost avec, et diable que je n’avais pas envie de me mettre à dos Alrost. Si j’appliquais une sanction trop dure, c’était la Garde Royale qui allait s’opposer à moi et ce serait le dernier de mes souhaits.

Je finis par prendre une plume et écrire mes ordres, relevant de ses fonctions sur le terrain pendant une semaine cet homme de la Garde Royal. C’était une fausse sanction. La même à chaque fois que j’avais ce genre d’affaire en fait. En ne confrontant plus le Garde Royal impliqué aux Protecteurs pendant une semaine, ceux-ci pensent généralement qu’il a eu une sanction grave tandis que la Garde Royale, elle, y voit une petite sanction disciplinaire sans grand impact. Ce qui était vrai. Pourtant, c’était toujours un vrai arbitrage pour moi car je ne voulais pas briser le fragile équilibre entre les forces.

Et dire que je me plaignais alors que celle que je devais protéger devais faire ça mais à une bien plus grande échelle. Je m’en étais rapidement rendu compte en l’accompagnant, toujours dans son ombre depuis sa nomination. D’abord elle devait gérer l’Académie et naturellement les oppositions entre grandes maisons. Ensuite elle devait gérer les affaires intérieurs ce qui impliquaient les disparitions. Enfin, elle était confrontée aux tensions grandissantes entre les principales familles et clans de Targatt, prêts à se mordre le museau, au sens propre pour l’une d’elle, au moindre dérapage. Or, c’était bien à la Régente de faire en sorte de les éviter avec l’aide de la Garde Royale et des Protecteurs. Il va donc sans dire que si ces deux branches de la défense de Targatt ne s’entendaient pas, c’est l’échec des actions de la Régente qui resterait dans les mémoires.

Je finis par enfin signer l’ordre disciplinaire et le ranger dans une enveloppe. Je comptais bien donner cet ordre à l’intéressé demain car vu l’heure, il était temps pour moi de faire une ronde dans le Palais, m’assurer que la Régente allait bien avant d’aller à la Déroute du Rhum prendre une ou deux pintes. Peut-être même trois si le cœur m’en disait avant de rentrer au palais. Généralement il n’y était pas opposé. Mon plan pour la soirée étant établi, je quittais ma chaise pour passer mes deux lames à ma ceinture. Un grand bâillement m’indiqua qu’il était bel et bien temps de prendre une pause et alors que j’ouvrai la porte de mon bureau, pensant déjà au goût de la bière et de la charcuterie dans ma bouche, ce qui donnait une raison à ce sourire sur mon visage, je tombais nez à nez avec la dernière personne que j’aurai soupçonné croiser dans cette aile du Palais et à une heure pareille.

« Madame la Régente ?! Mais qu’est ce que vous faîtes ici à une heure pareil ? Vous vous êtes perdue ? »

Si elle me répondait oui, j’aurais presque envie de rire. Mais généralement les personnes importantes étaient là où elles le souhaitaient et se perdre n’était pas vraiment dans leur habitude. Par réflexe et surtout respect envers la Régente, je mettais une distance entre elle et moi, me ramenant à l’intérieur de mon bureau méticuleusement rangé.

« Je ne m’attendais à vous voir aussi tard en tout cas. Je comptais justement aller vous voir pour m’assurer que tout allait bien et de toute évidence, c’est le cas. Vous aviez besoin de quelque chose ? »

Pardi, faîte qu’elle dise non que je puisse faire ma ronde et me détendre un peu ! me disais-je tout en me gardant bien de lui offrir quelque chose à boire même si les bouteilles de ma cave personnelle étaient bien visibles derrière une vitre le long du mur occidentale de la pièce. En journée j’aurai été bien plus courtoise mais là…
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Astoria Lane
Régente de Targatt et directrice de l'académie - Mage 1er ordre
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Sam 2 Déc - 23:18
La jeune femme avait longuement hésité avant de sortir de ses appartements. Non pas qu'elle ait peur du noir ou peur de se retrouver seule, au contraire. Concernant ce dernier point, c'était un luxe qu'elle ne s'accordait que trop rarement à son gout et qu'elle appréciait d'autant plus. Non, ce qui l'avait fait hésiter ce soir, mis à part l'heure tardive, c'était la raison de sa "veille" qu'elle jugeait des plus stupides.

Comme souvent depuis son arrivée au pouvoir, des bruits de couloir lui avait rapporté que les Leckard fomentaient un coup d'Etat dans son dos. Si d’habitude elle n’en avait cure, la récurrence des inimitiés que Drake lui témoignaient tendaient à faire croire à la régente qu’il y avait peut-être du vrai dans les racontars.

Toutefois, sans preuve d’aucune sorte et sans davantage d’informations, elle se sentait davantage comme une enfant ayant peur du croque-mitaine que la Régente de la plus grande cite-mage du plan matériel. Pourtant, elle ne pouvait se sortir de la tête que le précédent Régent était mort relativement… jeune. Sa maladie avait été par trop fulgurante et certains parmi les plus irrationnels parlaient même d’empoisonnement, bien que rien n’ait pu être trouvé et encore moins prouvé. Pourtant, plus le temps passait et moins elle trouvait ses pensées si irrationnelles que ça.

Qui devait-elle aller voir ? Certes elle connaissait certains des paladins qui composaient sa garde personnelle de par leur lien de parenté mais seuls ils ne pourraient pas faire grand-chose si ça s’avérait véridique. Astoria avait même songé à aller voir Alrost mais d’une elle ne le connaissait pas encore assez bien. Et de deux elle lui avait déjà confié trop de responsabilités à son gout.

Finalement, la jeune femme s’était dit que le mieux était d’en parler à une personne loyale. Pas forcément à elle, mais au moins au trône. Cela faisait quelques mois à peine qu’elle avait été nommée et ses amis étaient disons… peu nombreux. Ou plutôt, trop de personnes juraient être son ami pour qu’elle puisse y accorder le moindre crédit. Au moins la capitaine de sa garde personnelle n’avait jamais tentée quoi que ce soit pour se rapprocher d’elle et Astoria n’avait rien eu à lui reprocher. A aucun moment. Et la place qu’elle occupait lui permettrait en plus de lui venir en aide plus efficacement que beaucoup d’autres, du moins en cas de besoin, si les complots s’avéraient vrais au final… Et puis ça leur permettrait de faire plus ample connaissance.

Replaçant ses longs cheveux en une queue de cheval mal tenue, elle remit ses bottes et para ses épaules d’un châle bleu rappelant la couleur de ses yeux et sortit de ses appartements dans une tenue des plus simples rappelant à peu de monde quelle était sa place en ces lieux. A pas de loup, elle traversa le palais pour se rendre dans une autre section. Elle finit par arriver devant la porte de la capitaine de sa garde personnelle. A la lueur qui passait sous la porte, elle devait bel et bien être encore là. Décidément, elle se couchait tard. Peut-être était-elle de garde ce soir ? Elle hésitait malgré tout.

Alors qu’elle se faisait violence pour frapper à la porte, cette dernière s’ouvrit. Visiblement, elles étaient toutes les deux aussi surprises. Le capitaine reprit immédiatement un peu de distance tout en lui demandant ce qu’elle faisait là.

La bouche d’Astoria se fendit en un sourire amusé et bienveillant une fois passé l’étonnement général. Vraiment ? Perdue ? C’était adorable qu’elle s’en inquiète. La régente secoua doucement la tête en signe négatif mais n’eut pas le temps de répondre davantage que son interlocutrice avait déjà reprit la parole pour lui demander si elle pouvait faire quelque chose pour elle. C’était parfait qu’elle pose la question.

Le sourire de la Régente s’amoindrit et elle se mit à triturer ses mains un peu nerveusement, cela malgré elle. Elle se serait faite taper sur les doigts si son conseiller en « manières » voyait son attitude mais il n’était pas là et c’était parfait.

Se reprenant, Astoria acquiesça.

« Je vais bien rassurez-vous. J’étais venue dans l’espoir de m’entretenir avec vous de la récurrence de certaines rumeurs. Mais ça peut tout aussi bien attendre demain matin si vous voulez vous reposer. »

Astoria se rendait bien compte que les personnes se pliaient à ses quatre volontés quand bien même ça les ennuie d’une quelconque manière. Le plus souvent ça l’ennuyait au plus haut point, raison pour laquelle elle mettait toujours un point d’honneur à leur laisser une porte de « sortie », qu’ils ne saisissaient jamais pour ainsi dire… Aussi reprit-elle.

« Il n’y a vraiment rien de pressé, j’avais juste vu de la lumière. »

Songeant que ses inquiétudes pourraient peut-être se voir balayées en deux mots, il ne servait peut-être à rien de requérir un véritable entretien. Surtout qu’il n’avait rien de formel.

« Je peux vous accompagner si vous le souhaitez, ça nous permettra de parler sur le chemin ? »

Se proposa-t-elle en imaginant déjà l’air sur son visage avec un plaisir non dissimulé.
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Wilhelmine Schlacht
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Lun 4 Déc - 0:02
Le goût de la charcuterie et de la bière disparaissait à l’instant où je compris que la Régente avait besoin de moi. Merlin, qu’ai-je fais pour mériter autant d’acharnement sur ma petite personne ? Je voulais juste prendre une pause et voilà que la Régente voulait parler affaire. Mes plans pour la soirée étaient définitivement à mettre au placard. Et la folle, elle me laisse une porte de sortie. A cette heure-ci, il faudrait être sacrément fou ou terriblement loyal pour ne pas sauter sur l’occasion et prendre la poudre d’escampette. Diable que j’avais envie de sauter sur la perche que me tendait la Régente pour m’extirper de cette situation m’empêchant de me sustenter. Mais, je restais avant tout la capitaine de la Garde Royale. Mes besoins, aussi naturels soient-ils, passaient après ceux de celle que je devais protéger et je finis par me résigner. Maladroitement je dois l’avouer car je laissais un long soupir s’échapper de ma bouche avant d’inviter la Régente à dégager l’entrer de son bureau et en fermer la porte derrière moi.

« Astoria… à me laisser les moyens de m’enfuir comme ça sans jamais venir me voir en pleine journée, vous risquer de tomber bien trop souvent sur une porte fermée et avec vos demandes, je ne sais pas si c’est vraiment ce que vous voulez. Enfin… nous n’avons qu’à faire ma ronde ensemble si cela vous va. Je n’ai pas envie de vous amener en dehors du Palais à une heure aussi tardive.»

Je finissais ma phrase par un court sourire avant de lui indiquer la direction que nous allions prendre et commencer à marcher à côté d’elle.

C’était surprenant de voir la Régente mal à l’aise. Il est vrai que je ne la connaissais pas beaucoup à la différence de son prédécesseur, mais je ne le soupçonnais pas aussi timide. Je ne la soupçonnais pas non plus aussi expressive. C’était peut-être un peu de ma faute sur ce dernier point. A rester en retrait et à surveiller tout ce qui pouvait lui nuire quand elle était avec quelqu’un, je ne portais pas vraiment attention ni à son visage, ni à ses expressions. On me demandait de la protéger, pas d’être l’interprète de ses contractions faciales et c’était certainement cela qui me rendait plus surprise quand je regardais ce visage légèrement souriant. Elle devait être contente de pouvoir se balader sans avoir une montagne de personne l’entourant, lui faisant des avances romantique ou politique, une avalanche de problèmes et j’en passe. Pour ma part, je me retrouvais exactement dans la même configuration dans laquelle j’étais depuis le début de la journée : surveiller la Régente en restant avec elle.

« Pour ce qui est de votre question Astoria, vous pouvez vous assurez que la Garde Royale fait et fera tout son possible et même au-delà pour assurer votre sécurité et celle de votre gouvernement. C’est notre rôle. Comme celui de se tenir au courant est le mien. »

J’hésitais un instant avant de poursuivre. C’était mon ascension qui m’avait rendu aussi alerte et si je ne faisais que dire mes conclusions sans les justifier, j’allais me faire ranger du mauvais côté de la barrière. La personne d’Astoria était importante pour moi en ce qu’elle représentait Targatt et sa stabilité. Son rang avait cette aura naturelle. Malheureusement l’humain fait que parfois, en dépit d’une loyauté sans détours, un simple quiproquo pourrait disqualifier le plus fidèle des serviteurs. Il valait peut-être mieux être un semblant sincère pour la rassurer.

« Mais les temps sont durs et la chute des autres cités de mages en plus de ces rumeurs peuvent laisser penser que quelque chose se prépare. Malheureusement, il n’y a jamais de fumer sans feu et encore moins de rumeur sans quelqu’un derrière. Mais la question qui me préoccupe est plutôt de savoir si ces rumeurs sont vraies ou plutôt propagée afin de vous déstabiliser. SI j’ai bien appris quelque chose de là d’où je viens, c’est qu’une rumeur est soit un présage, soit une farce. Or dans le deuxième cas, la victime n’en ressort jamais indemne, aussi drôle soit la farce. »

Je disais cela en regardant devant moi et en marchant au niveau de la Régente avant de tourner mon visage vers elle. Puis, en repensant à ce que je venais de dire, je me rendais compte que le petit peu de sincérité de mes dires avait laissé passer un peu plus d’accent germanique qu’habituellement ce qui me tendit.

« Excusez-moi pour l’accent germain, malgré l’âge j’ai encore du mal à m’en séparer… »

Super ! Me voilà certainement rangée en moins de cinq minutes parmi les étrangers. Et moi qui voulait juste éviter de perdre la confiance de la Régente…  
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Astoria Lane
Régente de Targatt et directrice de l'académie - Mage 1er ordre
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Dim 17 Déc - 15:38
Le soupire que la capitaine de la garde royale laissait échapper en disait long sur son enthousiasme à voir débarquer la Régente à cette heure tardive. Wilhelmine l'incita à reculer un peu afin qu'elle ferme sa parte et accepta qu'elle l'accompagne durant sa ronde non sans d'abord la réprimander sur l'heure de sa visite. Après une seconde de perplexité, étant peu habituée à ce qu'on se permette de lui faire de telle réflexion, elle finit par lui adresser un sourire amusé et lui emboita le pas après qu'elle lui ait indiqué la direction à prendre.

"Je serai brève dans ce cas, et ferai des efforts pour venir en journée les prochaines fois."

Par contre, elle avait beau être la personne à protéger, elle savait le faire elle-même. Elle préféra ne pas faire le moindre commentaire après tout elle ne faisait que son travail et jsuqu'à présent, elle avait été irréprochable dans sa fonction. Toutefois, jamais un paladin se serait permis de lui parler de la sorte. Ce qui la confortait presque dans le fait qu'il fallait peut-être un peu plus de mixité dans la formation des gardes royaux, corps composé essentiellement de paladins.

Finalement Wilhelmine entra dans la vif du sujet. Les yeux bleu de la Régente se posèrent sur son interlocutrice, attentive au moindre de ses mots. Elle commença par la rassurer ce qui n'était vraiment pas nécessaire. Elle avait confiance en sa garde et c'était pour cette raison qu'elle se trouvait là à une telle heure. Toutefois elle la laissa continuer.

Les propos qu'elle tenait n'étaient pas faits pour la rassurer mais c'était ce qu'elle était venue chercher : un avis sincère d'une personne de confiance. Astoria avait progressivement quitté des yeux la jeune femme pur regarder droit devant elle, en pleine réflexion. Elle conserva le silence de longues secondes après la fin de sa tirade.

"Vous n'avez pas de compte à rendre concernant votre accent. Je suppose que j'en aurai un si jamais je foulais vos contrées."

Malgré la gentillesse des mots prononcés, elle les avait dit d'un air un peu détaché, toujours dans ses pensées. Finalement elle fronça un peu les sourcils.

"Si on lie tous les éléments de ces dernières semaines avec la manière dont Drake Leckard a réagi il est clair qu'il se sert de la situation contre moi. Mais de là à ce qu'il ait quelque chose à voir avec les disparitions, avec les cités qui tombent aux alentours, ou les attaques d'hybrides aux origines démoniaques... Je ne sais pas."

Le patriarche des Leckard avait toujours été un de ses détracteurs les plus féroces et sa véhémence dans son opposition à elle avait presque fini par la convaincre qu'il n'était qu'une bête de foire. Une de ces personnes qui faisaient des vagues juste pour se montrer et que l'opinion se rallie à lui. Mais...Récemment elle lui avait demandé conseil sur un élément de l'enquête et sa réponse l'avait laissée perplexe.

"Il connait trop bien la magie noire et en sait trop sur les habitudes des démons pour que je l'écarte du tableau. Et quand bien même il serait innocent dans cette affaire, son attitude finira forcément par me nuire."

C'était davantage une réflexion personnelle qu'un élément à présenter à la capitaine mais ça lui faisait du bien de pouvoir parler à haute voix, et à quelqu'un d'autre qu'elle. Un autre avis est toujours nécessaire avant de se lancer dans une croisade. Surtout si la croisade finissait par concerner une des lignées les plus puissantes de la cité.

"Vu les menaces récentes qu'il m'a faites à mi-mots, j'exclus d'office la farce. Il faut que vous trouviez ce qu'il prépare. Ou en tout cas que vos hommes prêtent main forte aux protectorat."

Elle marqua une brève pause avant de sourire d'un air désolé.

"Ce n'est pas qu'ils sont incompétents, loin de là, mais ils sont trop peu nombreux pour assurer leurs fonctions et enquêter sur de multiples fronts. Si ils conservent le bénéfice de l'avancement de l'enquête en ce qui concerne les hybrides et les disparitions, je vous saurai gré de mettre Drake Leckard sous surveillance."

Astoria perdit son sourire en imaginant les suites possibles à toute cette histoire. Cela commençait à la dépasser. Comment faire pour garantir la sécurité de son peuple alors qu'elle était à peine capable de faire confiance à un de ses conseillers censés être le plus proche, ou du moins un de ses conseillers les plus puissants.

"Dans tous les cas je ferai ce qu'il sera nécessaire pour éviter une scission parmi le peuple."

C'était sa priorité en quelque sorte : Calmer les choses. Apporter de nouveau la paix. Bien entendu, elle prendrait ses responsabilités si elle devait aller plus loin qu'un e simple surveillance de Drake. Mais elle espérait ne jamais avoir à en arriver là.

"Je ne crains pas pour ma vie mais si jamais je venais à disparaitre, il est certain que Drake Leckard aura eut vent de quelque chose. Soit il aura choisi de le taire, soit de participer. Dans les deux cas il sera coupable de trahison."

Un crime punit de mort. Son instinct lui hurlait depuis qu'elle avait fait sa connaissance avec le ponte aux yeux ocres de le mettre aux arrêt et de l'abattre. Sa nature était clairement malveillante et sa simple présence la mettait mal à l'aise. Toutefois, elle n'était plus paladine mais régente et était forcée d'admettre que sans crimes avérés et de solides preuves, elle n'agirait pas contre lui. La capitaine de sa garde personnelle pouvait sans doute clairement percevoir le tiraillement qui agitait ses nuits : faire le Bien ou faire le Juste était parfois différent et en cet instant, elle n'était plus certaine de ce qui était le mieux.

Elle amena machinalement son index devant ses lèvres et ses dents vinrent mordiller son ongle alors qu'une petite ride d'inquiétude creusait son front entre ses deux sourcils.

"Je ne sais pas si vous connaissez déjà le capitaine du Protectorat. Alorst pourrait s'avérer un allié de taille et j'ai autant confiance en lui qu'en vous. Toutefois, j'ignore si la cité pourra s'en sortir sans que nous fassions tous front commun."

Elle se rendait soudain compte que le sujet de sa venue avait été considérablement modifié : parler de simples rumeurs elle en était venue à penser à un futur bien plus sombre. Elle n'avait aucune preuve. Là encore ce n'était qu'un sentiment, une intuition ou plutôt son instinct qui parlait encore.

"Je suis désolée de vous ennuyer avec de telles considérations, vous devez sans doute me prendre pour une désespérée ou une paranoïaque."

Elle songea qu'elle était peut-être effectivement en train de craquer sous la pression de ces dernières semaines. Quoi qu'elle ne se sentait pas encore à bout, juste un peu perdue peut-être, mais imaginer que sa garde ferait attention à Drake tout particulièrement était une satisfaction et un énorme soulagement.
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Wilhelmine Schlacht
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Lun 18 Déc - 4:13

Je fis un léger sourire rassurée quand elle ne tint pas rigueur de mon accent. Il fallait dire que j’aurai pu profondément m’en vouloir si cette erreur avait eu des conséquences graves. Enfin, de toute évidence ce n’en était pas une. Il fallait toutefois la rassurer un peu plus. Au cas où…

« Ce ne sont plus depuis longtemps mes contrées. Je suis à Targatt depuis plus de 15 ans. Ma maison c’est cette cité. C’est pour ça que je tenais à m’excuser pour l’accent… »

Si mes précautions portaient leurs fruits, je m’assurais de la confiance de la Régente. Régente qui était plus disposée à converser sur le sujet qui l’avait amené devant mon bureau aussi tard. Heureusement d’ailleurs. Je ne suis jamais d’humeur à parler de qui je fus, comment je suis arrivé à Targatt ni de la façon dont j‘avais gravi les échelons. Parler des affaires d’état m’était plus facile que regarder le passé.

Astoria finit par donner le nom de tous ses tourments. Je m’étais limité à viser une situation générale, à révéler l’évident sans trop m’enfoncer ne connaissant pas vraiment les affinités de la Régente. Mais elle semblait avoir trouvé l’ennemi idéal : Drake Leckard, le doyen de la maison dont il portait le nom. L’accumulation des raisons de placer cet homme à la place d’individu à abattre par la Régente me laisser rapidement penser qu’elle avait peut-être raison. Mais comme elle l’avait suggéré, Drake n’était pas forcément lié à la chute des autres cités-états ou aux disparitions. Il était indéniable qu’il devait être au cœur de toute tentative d’affaiblissement du pouvoir en place, qu’il pouvait chercher à attiser la tension entre vampire et lycan pour s’assurer de la chute de la Régente. Mais à nourrir une telle situation, à compoter à ce point, il se retrouverait une fois au pouvoir, si tant était que son objectif était la régence, à régner sur des cendres.

Si complot il y avait, Drake ne devait certainement pas être seul. Il devait avoir d’autres familles ou des soutiens politique et matériel lui assurant de pouvoir régner sur quelque chose. L’information dite à mi-mots par la Régente quant aux connaissances de la magie noire et des démons du patriarche des Leckard venait conforter ma position. Il savait certainement quelque chose : manipulation, malédiction, etc… ce n’était qu’une supposition de ma part. Toutefois ceci ne répondait pas à la question de ses soutiens autres que ceux provenant de sa famille. La Régente semblait oublier ce point et voulait se lancer dans une guerre quasi-ouverte contre une lignée très puissante sans prendre le temps de se préoccuper de ce qui n’était pas du tout un détail. On ne prend jamais le pouvoir, on ne monte jamais sans avoir un soutien quel que soit sa forme. Je m’arrêtais pour regarder la Régente en tenant ma ceinture. Mon regard sérieux fixait celui de ma supérieure.

« Je comprends que Drake Leckard puisse cumuler tous les traits du parfait traître et qu’il est indéniable que sa soif de pouvoir puisse vous nuire un jour Astoria. Mais à vouloir vous lancer dans une guerre avec lui, vous allez précipiter la chute de Targatt. Vous comme moi ne connaissons les l’étendu exact du pouvoir de Drake. Mais nous n’avons pas assez d’informations pour tenter quelque chose maintenant ou même dans les jours à venir. Ce serait courir à la catastrophe car il pourrait très bien être l’arbre qui cache la forêt et c’est plus cela qui m’inquiète pour tout vous dire. »

Je restais en face d’elle sans rien dire. Je l’écoutais simplement avant de froncer les sourcils. Ce n’était pas les menaces qui me les faisaient se froncer. Je n’étais pas loin. Non, c’était l’ordre que la Régente me donnait de coopérer avec le Protectorat. Si nous avions deux corps, ce n’était pas pour rien. Mais évidemment, le sujet revenait sur la table. Personnellement, j’étais opposé à ce que les corps se mélangent. Leur simple présence sur une même zone causait des problèmes. Je n’osais imaginer s’ils devaient travailler ensemble. Astoria semblait réserver, à juste titre, sa satisfaction quant à l’avancée de l’enquête aux membres du Protectorat. Ceux-ci n’allaient peut-être pas aimer se faire voler une partie de la vedette s’il revenait à la Garde Royale de surveiller Leckard. Ils allaient justement penser qu’ils n’étaient pas compétents ce qui allait renforcer la rivalité entre les deux corps. Même si la décision de la Régente était plus que réaliste, elle n’allait pas m’arranger aussi bien parce que moi-même je n’avais pas vraiment envie de collaborer avec quelqu’un qui ne me faisait pas pleinement confiance que parce que j’allais devoir réallouer des moyens prévus pour la protection de ce palais.

Je me rendais compte aussi, à mesure qu’Astoria poursuivait, que Drake était devenu une obsession pour elle. C’était presque si elle en avait peur outre mesure. Tout tournait autour de lui. Il semblait être l’origine de tous les maux et je m’attendais vraiment à ce que, d’ici la fin de ma ronde, elle finisse par l’accuser directement de tous les crimes de cette cité. Ceci renforçait ma toute première idée : Drake est en train de devenir l’arbre qui cache la forêt. Mais ce qui était surprenant, c’est que la Régente voulait bien faire. Ses antécédents lui laissaient un choix tout indiquer : arrêter, enfermer et exécuter sans procès ce fauteur de troubles. Toutefois, ma supérieure avait pris conscience de sa place et malgré ce choix simple qui ne demandait qu’un simple message sur mon bureau, elle fit celui de trouver des preuves. Mais à attendre, elle s’angoissait, elle nourrissait de la paranoïa et commençait à passer sous silence le reste. Même sa propre sécurité.

Ne voulant pas intervenir dans ce flot de paroles, relachés après de toute évidence avoir été retenu outre-mesure, je restais face à la Régente, silencieuse, les sourcils froncés et le visage sérieux. Je m’inquiétais de la situation et même si je ne faisais pas de politique, je m’inquiétais de l’état psychologique de mon supérieur. Si elle continuait à nourrir cette paranoïa, elle risquait de faire des choix catastrophiques. Quand elle finit par parler du loup, je le regardais dans les yeux et avant de prendre la parole, je lui prenais la main dont elle rongeait les ongles l’écarta de la bouche de Régente avant de la lâcher et revenir à l’endroit presque exact où je me tenais.

« Vous ne m’ennuyez pas c’est mon travail de vous écouter et elle vous sera plus utile pour signer de la paperasse plutôt que pour être rongée. Sinon… Madame la Régente, en tant que Capitaine de la Garde je me plierai à vos ordres. Mais je vous mets en garde sur deux choses. D’abord, la Garde Royale n’acceptera pas de collaborer de façon plus importante avec le Protectorat et ce justement parce que des menaces et des rumeurs circulent. Nous sommes la dernière ligne de défense de cette cité. Si vous me demander d’allouer mes hommes et mes ressources au travail des Protecteurs, c’est cette ligne que vous effritez Astoria. De fait, je me chargerai personnellement de votre demande afin d’éviter tout problème interne et je n’ai pas spécialement envie d’avoir affaire à Alrost. Car si oui je l’ai rencontré et nous nous sommes rapidement croisés, il ne partage pas la même confiance que vous à mon égard comme il ne jouit pas de ma confiance absolue.

Ensuite, je suppose que vous n’êtes pas encore au bout de vos capacités, mais celles-ci commencent à être monocanales. Vous accordez tellement de votre esprit à Drake seulement que j’ai bien peur qu’à terme, votre jugement ne soit biaisé et que vous fassiez des choix inconsidérés. Vous me parliez de rumeurs nous en sommes presque à organiser le procès secret du doyen d’une des grandes familles de cette cité et ce sans preuves tangibles. Je vous préviens donc, s’il advenait qu’un de vos ordres viennent à porter atteinte à la sécurité effective de Targatt, à sa stabilité et que vous ne me donnez aucune raison tangible d’y donner suite, je m’y opposerai quand bien même cela couterait mon poste, ma carrière et même ma liberté. J’ai autant que vous à cœur de protéger Targatt et votre sécurité m’importe au-delà de la mienne. C’est pour cela que je vous le dis maintenant. »


J’étais connue pour dire les choses franchement. Je venais de la faire et je n’y allais pas mollement. Mais l’état dans lequel était la Régente le justifiait amplement. Si elle ne prenait pas conscience de cette situation, s’il n’y avait personne pour le réguler, ses conseillers ne le faisant pas de toute évidence, je devais au moins, à mon niveau, le faire. Je ne connaissais pas beaucoup Astoria. Même pas du tout sur le plan personnel et il en allait de même pour elle. Si elle fouillait dans les archives de l’Académie peut-être trouverait-elle quelques informations mais sans plus. Cet état de fait faisait que l’on se parlait non pas entre humains, mais entre fonctions. Or, ma fonction consistait à protéger la Régente, même contre elle-même.  

« Je sais que ce que je viens de dire est proche de l’insubordination Astoria. Mais écoutez-vous ! Toutes ces rumeurs dont vous êtes venues me parler sont devenues des quasi-accusations contre Drake et tout votre discours met de côté des éléments qui sont capitaux. Qui vous dit que Drake, en dépit de ses menaces, n’est pas une couverture malgré lui d’un plan plus grand ? Qui vous dit qu’il n’est pas la porte d’entrée d’une menace extérieure ? Qui vous dit qu’il n’a pas des alliés dans la cité qui pourrait se trouver dans les plus hautes sphère de l’Etat ? Rien ! Rien du tout ! Les esclavagistes pourraient très bien être mêlés à cette affaire qu’on en saurait rien jusqu’au moment où ils frapperont. Alors je vous en prie Astoria, agrandissez un peu le spectre de vos inquiétudes. D’accord Drake est le seul point de départ que nous avons. Mais à vous focaliser dessus, vous allez mettre de côté des détails importants… »

Je laissais échapper un long soupir avant de passer mes mains dans mes cheveux avant de regarder la Régente. J’étais particulièrement sérieuse mais ma gestuelle laissait bien entendre que dire cela me mettait dans l’embarras. Loin de moi l’idée de m’opposer à ma Régente. Cependant, face à tous ces propos, je me devais de le dire.

« Si nous devons poursuivre sur ce sujet Astoria, allons au moins quelque part où nous ne risquons pas de créer des bruits de couloirs aussi bien sur la question de Drake que sur mon attitude… »

Je ne manifestais aucune réticence à poursuivre la conversation. Même si le sujet venait à changer. Je préférai juste éviter de poursuivre celle-là à découvert.
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